Îlot du Persil : l’Europe hausse le ton

Par (d'après AFP), le 15 juillet 2002 à 12h50 , mis à jour le 14 juillet 2002 à 12h55

L'Union européenne a demandé dimanche au Maroc de "retirer immédiatement ses troupes" de l'îlot sur lequel Madrid et Rabat revendiquent la souveraineté. L'Etat chérifien a installé jeudi des militaires sur ce rocher proche de l'enclave espagnole de Ceuta.

[Expiré] [Expiré] Îlot Persil Leila Espagne Maroc Méditerranée (AFP) © AFP

Si le Maroc a installé " un poste de surveillance " sur l’îlot du Persil (ou Leila pour les Marocains), c’est, assure-t-il, pour "lutter plus efficacement contre le trafic d'émigrants et le terrorisme". Un de ses responsables a d'ailleurs tenu à assurer que l'Espagne demeure "un pays ami du Maroc". Madrid, lui, estime que la mise en place de ces soldats sur ce bout de terre inhabité de 13 hectares et demi constitue la "rupture unilatérale" d'un accord assurant la démilitarisation de l'îlot.


- LCI 
Plus catégorique, la Commission européenne y voit une "violation de l'intégrité territoriale espagnole". Au cours d’un entretien téléphonique entre le président de la Commission, Romano Prodi, et le Premier ministre marocain, Abderrahmane Youssoufi, ce dernier se serait engagé à éviter "toute dramatisation" et "à agir en vue d'une solution très rapide". De son côté, la Ligue arabe a apporté son soutien au Maroc, estimant que "l'îlot de Leila est marocain".

Différends multiples

Tandis que se poursuivent les tractations diplomatiques, Madrid a renforcé les petites garnisons installées sur quelques îles placés sous sa souveraineté, le long des côtes marocaines: les îles Chaffarines, le Penon de Al-Hoceima et le Penon de Velez de la Gomera. Une frégate et deux corvettes militaires ont été dépêchées à Ceuta et Melilla, deux enclaves espagnoles sur la côte méditerranéenne du Maroc.


A l'avant-plan, l'îlot disputé - LCI 

L’arrivée des soldats marocains sur l’îlot est intervenue au moment où le roi Mohammed VI préparait la célébration officielle de son mariage à Rabat. Le Maroc soutient que Leila a été "libéré" en 1956, date de l'indépendance du pays et de la fin du protectorat espagnol sur sa partie nord.

Depuis un an, les relations entre Rabat et Madrid passent par des crises successives en raison notamment du conflit sur le sort du Sahara occidental. Le Maroc jugent les positions espagnoles favorables aux thèses indépendantistes du Front Polisario. L'émigration clandestine, la pêche et la prospection pétrolière au large des îles Canaries sont autant de sujets de discorde entre les deux voisins.

(Image d'ouverture AFP: l'îlot du Persil (ou Leila))

Par (d'après AFP) le 15 juillet 2002 à 12:50
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