Italie : le ministre insultant s’en va

Par F.A., le 04 juillet 2002 à 16h15 , mis à jour le 03 juillet 2002 à 16h26

Claudio Scajola, le ministre de l’Intérieur, a démissionné mercredi. La décision fait suite aux propos post-mortem insultants tenus contre Marco Biagi, conseiller du ministre du Travail, assassiné en mars par les Brigades Rouges.

[Expiré] [Expiré] scajola © AFP

"Marco Biagi, c'était un casse-couilles qui voulait renouveler son contrat de consultant". Ce commentaire peu respectueux de Claudio Scajola prononcé dimanche sur le conseiller ministériel assassiné le 19 mars à Bologne par des inconnus se réclamant des Brigades Rouges a donc fini par causer sa perte. Le ministre de l’Intérieur de Silivo Berlusconi a en effet donné sa démission mercredi. Il explique que sa décision est motivée par son "sens du devoir". Et cette fois, face à la tempête médiatique et politique qui secoue le pays depuis quatre jours, le Président du conseil a été contraint de l’accepter. Silvio Berlusconi se préparait pourtant à défendre son fidèle lieutenant devant le Parlement.

Au départ de ce qui pourrait provoquer une crise ministérielle : les vives critiques envers Claudio Scajola sur sa décision très contestée de supprimer l’escorte policière de Marco Biagi. L'économiste, âgé de 51 ans, était un des conseillers du ministre du Travail Roberto Maroni et travaillait sur le projet de réforme du marché du travail en Italie, attaqué par les syndicats. Huit mois avant son assassinat, il avait fait part de ses craintes dans plusieurs courriers adressés entre juillet et septembre 2001 aux autorités italiennes et rendus publics vendredi dernier par la Repubblica. Il se plaignait de s'être vu retirer sa protection policière et faisait état d'informations dignes de foi sur sa "criminalisation".

Irrité par ces critiques, Claudio Scajola, déjà mis sur la sellette en juillet dernier lors de la répression des manifestations anti-mondialisation au sommet du G8 à Gênes (un mort), avait donc lâché sa bourde. Malgré ses excuses à la famille de la victime et une tentative de se dédouaner sur une mauvaise interprétation de ses propos par les médias, il n’avait pas réussi à calmer la tempête.

(photo d'archives afp : Claudio Scajola)

Par F.A. le 04 juillet 2002 à 16:15
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience