© INTERNEAttribution d’une wild-card (invitation), premier match programmé sur un grand court lors de la session nocturne, salle de conférence de presse pleine à craquer, "Une" du très sérieux New York Times : Aisam Ul-Haq Ureshi et Amir Hadad bénéficient sans conteste d’un intérêt médiatique bien supérieur à leur valeur tennistique. Les deux hommes, au classement en simple plus que modeste, ne disputent d’ailleurs que l’épreuve du double à Flushing Meadows. Et ce n’est bien sûr pas leurs prestations antérieures dans la spécialité qui leur valent tous ces honneurs.
Mais l’association entre un juif israélien de 24 ans (Hadad) et un musulman pakistanais de 22 ans (Ureshi) ne pouvait pas passer inaperçue dans un stade situé à quelques centaines de mètres de ce qui était le World Trade Center et dans un tournoi dont la finale se disputera trois jours avant le 1er anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.
Symbole
En juillet, les deux hommes avaient déjà défrayé la chronique à Wimbledon où ils avaient atteint le troisième tour. Ureshi avait alors été menacé par des intégristes et la fédération envisageait de lui interdire la sélection en Coupe Davis. "Elle s’est ensuite excusée et m’a justement proposé de jouer pour le Pakistan l’année prochaine" explique-t-il. De son côté, Hadad n’a eu aucune retombée. "Je pense qu'ils ne savent même pas que je joue avec lui. Je suppose que cela ne pose aucun problème".
Leur classement respectif ne leur permettant pas d’entrer directement dans le tableau, les deux tennismen ont ensuite demandé cette invitation pour l’US Open. Sans trop y croire puisque les wild-cards sont généralement réservées aux joueurs locaux. On imagine donc aisément que les organisateurs leur ont accordé cette faveur en raison du symbole de paix et de fraternité qu’ils représentent dans la période actuelle.
Pas de politique
Résultat : mercredi soir, toute l’attention s’est portée sur eux. Bravant la pluie, plusieurs centaines de spectateurs, Israéliens et Pakistanais mélangés, garnissaient les gradins du Grandstand. Pendant une heure, le temps de la victoire pour cette paire peu ordinaire, les deux communautés ont fait cause commune. "Ils nous encourageaient tous. C’était beau à voir" se réjouit Hadad.
Malgré l’engouement qu’ils suscitent, Amir Hadad et Aisam Ul-Haq Ureshi ne se considèrent pas pour autant comme les sauveurs du monde. "Nous ne représentons que le sport. Je ne crois pas en l’association de la religion et de la politique avec le tennis" souligne Ureshi. "On joue ensemble parce qu’on aime le tennis et que nous sommes amis" ajoute son partenaire. Avec néanmoins un rêve (un espoir ?) : "On a prouvé que deux personnes de pays et de cultures différentes peuvent s’associer et jouer ensemble. Peut-être pourraient-ils faire la même chose en politique".
photo afp : Aisam Ul-Haq Ureshi (g) et Amir Hadad (d)
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