© INTERNEAlors même que le gouvernement d'Israël et l'Autorité palestinienne sont engagés par le premier accord bilatéral depuis l'élection d'Ariel Sharon, un sondage aux conclusions parfois étonnantes vient dessiner le visage de deux populations fatiguées par la guerre. L'étude, menée sous l'autorité de Search for Common Ground (SFCG), une ONG américano-belge, porte sur l'éventualité d'une mutation de l'Intifada palestinienne en protestation populaire non-violente. Il en ressort que les schémas conventionnels plaqués sur les mentalités des peuples en guerre sont plus complexes et plus souples qu'il y paraît.
Majorité pour une initiative non-violente
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Il reste que les Palestiniens interrogés continuent d'approuver massivement les attaques de soldats et, ce qui ne cesse de choquer gravement les Israéliens, les attentats-suicide, à hauteur de 73%. Paralèllement, à la question de savoir si un Palestinien tué lors d'une action de protestation non-violente serait considéré comme un "martyr", 88% ont répondu oui, tandis que 47% des Palestiniens interrogés considèrent qu'il ne serait ni plus ni moins un "martyr" qu'un kamikaze tué en semant la mort dans un café, un hôtel ou un restaurant d'Israël. De même, 59% d'entre eux estiment que la violence terroriste n'endommage pas l'image de la cause palestinienne de par le monde.
Toutefois, 80% approuvent "un mouvement palestinien de grande envergure attaché à l'action non-violente contre l'occupation israélienne, en utilisant des méthodes telles que les manifestations, les boycotts et la désobéissance civile". Seuls 13% des Palestiniens interrogés désapprouvent cette idée. Cela dit, 68% estiment également que "les Palestiniens ont essayé d'appliquer des méthodes d'action non-violente massive par le passé et ne sont pas parvenus à changer l'attitude d'Israël". 62% disent qu'Israël "est trop borné" pour qu'une telle action soit efficace et 61% pensent qu'une initiative non-violente prendrait "trop de temps". Enfin, et ce n'est pas le moindre des paradoxes, alors que 57% des Palestiniens interrogés estiment que l'insurrection armée poussent les Israéliens à leur faire des concessions, ils ne sont que 12% à affirmer que l'usage de la force par Israël poussent les Palestiniens à faire des concessions à l'Etat hébreu.
Les Israéliens estiment qu'un Etat palestinien est légitime
Du côté de l'Etat d'Israël, ce sont pas moins de 78% des Juifs israéliens interrogés par SFCG qui estiment que "les Palestiniens ont un droit légitime à chercher à fonder un Etat, à condition qu'ils utilisent des méthodes non-violentes". 56% d'entre eux estiment que les Palestiniens auraient un droit légitime à s'opposer pacifiquement à l'expansion des colonies. Et, dans le cas où le peuple palestinien s'engagerait dans un mouvement de protestation non-violent, 57% des Israéliens affirment qu'ils approuveraient celui-ci. "Nous pensons, conclut le président de SFCG John Marks au terme de l'enquête, que ces résultats reflètent le potentiel réel, mais non réalisé, de la non-violence pour mettre fin au cercle vicieux du bain de sang."
Où en est l'accord "Gaza-Bethléem" ? |
Plusieurs sources palestiniennes affirment que la rencontre du ministre israélien de la Défense Benyamin Ben Eliezer avec le ministre palestinien de l'Intérieur Abdelrazak al-Yahya se tiendrait jeudi. Cette rencontre, reportée mercredi par Israël, devait être consacrée à l'application de l'accord "Bethléem-Gaza d'abord" aux termes duquel les troupes israéliennes doivent progressivement se retirer des secteurs autonomes réoccupés depuis le début de l'Intifada en septembre 2000, à charge pour l'Autorité palestinienne d'y assurer le calme. Un porte-parole du ministère de la Défense à Tel-Aviv a de son côté indiqué qu'"aucune date n'a été arrêtée" pour cette réunion. |
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