© INTERNEAmram Mitzna porte des lunettes, une barbe grisonnante et des chemises ouvertes. Mardi matin, le populaire maire de Haïfa a tenu une conférence de presse très attendue, au siège du Parti travailliste à Tel Aviv. Tout en annonçant sa candidature à la présidence du grand parti historique de la gauche, il a appelé à la reprise immédiate des négociations de paix. Il a donné la priorité à une "reprise de toute urgence de la négociation avec les Palestiniens" tout en soulignant qu'il n'avait pas de "solution miracle" à proposer". S'il s'avère "qu'il n'y a pas de partenaire", il s'est prononcé "pour une séparation unilatérale" d'avec les Palestiniens, l'armée israélienne se retirant de la bande de Gaza et de la plus grande partie de la Cisjordanie, laissant la Palestine nouvelle se développer à ses côtés, mais sans son concours.
Un discours qui tranche avec la fermeté martiale du Likoud et l'intransigeance hésitante de la gauche de gouvernement. Placé en 1998, avec le maire de Jérusalem Ehud Olmert, sur la liste noire du Hamas des personnalités à kidnapper, cet homme de 57 ans est un ancien officier supérieur des Forces de défense israéliennes, en poste lors de l'opération "Paix en Galilée" en 1982. Il s'était signalé en s'opposant fermement et publiquement à la poussée de Tsahal jusqu'à Beyrouth, qui stupéfiait alors l'essentiel des chancelleries internationales et enflammait le monde arabe. Prenant alors de front le ministre de la Défense Ariel Sharon, qui commandait l'armée en quasi franc-tireur, il avait néanmoins été promus général. C'est ainsi qu'en 1987, en tant que commandant pour la région Centre, il avait affronté la première Intifada, son irruption et son irrédentisme.
Une carrière dynamique et critiquée
Amram Mitzna entre en politique en 1993, sous les couleurs de la gauche travailliste, pour prendre en main la municipalité de la grande station balnéaire surnommée la "capitale du nord", Haïfa. S'il bénéficie d'abord de l'appui d'un électorat travailliste considérant la ville comme son bastion et des 30.000 Arabes israéliens qui y demeurent, il devient également le champion d'un réseau de petits chefs d'entreprise soucieux de réveiller une ville endormie, mais prometteuse. Des accointances qui vaudront à sa réputation d'homme intègre, dynamique et pacifique quelques échos soupçonneux dans la presse. Et qui lui valent aujourd'hui les moqueries et la méfiance de son rival et président, le ministre de la Défense Benyamin Ben Eliezer, chef du Parti travailliste jusqu'aux primaires, prévues à l'automne prochain.
Sa candidature aux primaires du Parti travailliste a davantage crispé Benyamin Ben Eliezer que celle de la "colombe" Haïm Ramon, qui était, jusqu'à aujourd'hui, son seul rival. Les sondages donnent pour l'heure Amram Mitzna vainqueur et les ralliements des figures travaillistes affluent, notamment celle du ministre de la Culture et des Sports Matan Vilnaï, celle du député Yossi Katz, celles, à mots couverts, du président de la Knesset Avraham Burg et de l'ancien ministre de la Justice Yossi Beilin. "J'annonce officiellement ma candidature, a-t-il lancé devant la presse mardi matin, et je suis convaincu que je serai élu, mais cela ne constituera qu'un premier round dans la bataille décisive."
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