© INTERNELes groupes terroristes palestiniens veulent continuer à tuer. C'est ce qui ressort de l'annonce faite mardi matin par les deux organisations intégristes palestiniennes les plus influentes, le Hamas et le Jihad islamique, rejetant l'appel à un arrêt des attentats anti-israéliens discrètement négocié par le parti de Yasser Arafat, le Fatah. Au nom de celui-ci, Hussein al-Sheikh a quant à lui annoncé l'arrêt des attaques à l'intérieur de l'Etat hébreu, estimant que le bras armé de son parti, les "
Brigades des martyrs d'al-Aqsa", allaient "le suivre". Mais les pourparlers inter-palestiniens semblent n'avoir rien donné qui soit susceptible de rassurer le gouvernement Sharon, ni qui puisse apaiser la situation sur le terrain.Une plate-forme commune
Réunis secrètement dimanche sous l'égide de l'OLP, les 12 membres du "Comité suprême de contrôle de l'Intifada" avaient pourtant élaboré un texte censé définir une ligne politique commune. Sous cette appelation, l'essentiel des forces politiques et militaires palestiniennes s'était en effet efforcé de rédiger une plate-forme définissant les "objectifs nationaux", à savoir l'établissement d'un Etat palestinien dans les frontières d'avant 1967, et les moyens d'y parvenir. L'idée de l'Autorité palestinienne, initiatrice du projet, était d'implanter une direction unique à l'Intifada et de maîtriser la violence politique. Cela impliquait un arrêt des attaques contre le territoire et le peuple d'Israël, ce que les deux principaux groupes intégristes ont réfusé, pour des raisons plus politiques que stratégiques.
Ainsi les représentants du Hamas — qui n'étaient pas présents lors de la réunion de dimanche, bien qu'ils aient participé à la rédaction du document —, estiment-ils depuis dimanche que cet accord est inacceptable. L'appel à un arrêt des opérations "militaires" à l'intérieur d'Israël et le sous-entendu selon lequel les négociations avec l'Etat hébreu vont reprendre éveillent certes la méfiance de ce groupe fondamentaliste, bien implanté au sein de la population palestinienne, notamment à Gaza. Mais l'objectif principal du Hamas reste, selon un conseiller de son chef spirituel Cheikh Yassine, "l'établissement d'un Etat palestinien sur tout le territoire de Palestine, sans préjuger du reste et sans reconnaître la légitimité de l'entité sioniste", c'est-à-dire de la nation israélienne.
Double refus
Les divisions internes, entre les "politiques" et les "militaires" ont fait le reste. "Notre mouvement reste attaché à son droit légitime de résister à l'occupation sur toute la terre de Palestine, y compris par des opérations martyres et rejettera tout document lui récusant ce droit", a officiellement affirmé mardi matin Ismaïl Abou Chanab, un leader du Hamas à Gaza, après deux jours d'examen du texte.
Au nom du Jihad islamique, autre organisation terroriste bien implantée en Cisjordanie, l'un de ses chefs, Mohammed al-Hindi, a quant à lui déclaré peu après que son organisation continuerait d'attaquer le territoire d'Israël "même si nous parvenons à un accord sur un document". L'exécutif palestinien, qui cherche à donner des gages de sa volonté de faire taire les attentats, a donc échoué.
Photo de une : "Testament" télévisé d'un kamikaze du Hamas
Retour MYTF1
Chargement en cours...




