© INTERNELa polémique fait rage en République tchèque. Coup sur coup, en moins d’une semaine, plusieurs centaines de kilos de chlore ont été lâchés dans l’atmosphère par une usine chimique située au nord de Prague. Il s’agit de l'usine Spolana, du groupe public Unipetrol, un complexe chimique qui a longtemps fonctionné selon les normes de l'ancien régime communiste, et de plus endommagé par les récentes inondations. La dernière fuite en date s’est produite vendredi. L'agence de presse tchèque CTK indique par ailleurs que près de 80 tonnes de chlore liquide se sont dispersées dans l'eau, mais le danger serait moindre que celui que constituerait un nuage de chlore.
Qu’est devenu ce chlore lâché dans l’atmosphère ? Pour l’instant, mystère ; mais il risque d’avoir des conséquences. Selon la radio nationale, des champs et des arbres environnants auraient été brûlés par le chlore. La ville voisine de Neratovice, qui se trouve à une vingtaine de kilomètres au nord de Prague, a été placée en état d'alerte. La même mesure a été prise dans plusieurs autres villes tchèques. Les responsables d'Unipetrol, pour leur part, affirment que la population n’a rien à craindre.
La direction de l’usine montrée du doigt
Dans le doute, certains responsables tiennent des discours pour le moins alarmistes. Jan Papez, chargé d'une commission d'évaluation des dégâts causés par les inondations en République tchèque, a estimé dimanche sur le site Internet du quotidien Pravo que la situation "menace un grand nombre de vies", n’hésitant pas à évoquer "un mini Tchernobyl". Quant au ministre de l'Intérieur, Stanislav Gross, il a annoncé l’ouverture d'une enquête.
La direction de l’usine est sous le feu des critiques. Elle avait déjà tenté, quelques jours plus tôt, de minimiser l’importance d’une première fuite. Il s’était avéré par la suite que pas moins de 300 kilos de chlore avaient été largués dans l'atmosphère. Après la découverte de la fuite de vendredi, le ministre de l'Intérieur a décidé de prendre des mesures d’urgence : il a annoncé que les responsables de l’usine étaient relevés de leurs fonctions. Ils auraient omis d’avertir les autorités.
Photo d’ouverture : les services de secours sur le site de l'usine Spolana - DR
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