Les chantiers périlleux du chancelier Schröder

Par S.L, le 24 septembre 2002 à 18h41 , mis à jour le 23 septembre 2002 à 18h46

A peine réélu, Gerhard Schröder doit se remettre au travail : réduire le chômage, redonner confiance à l'économie allemande, le tout en affrontant des Etats-Unis courroucés et une opposition fin prête à jouer son rôle.

Gerahard Schröder victoire élections © INTERNE

L’état de grâce dont profite tout nouvel élu devrait être des plus courts pour le chancelier Schröder. Sans doute parce que son style et sa méthode ne sont pas inconnus et que le bilan de Gerhard Schröder est contesté sur plusieurs points. La faible majorité dont dispose les vainqueurs risque de rendre difficile le passage de textes discutés au Bundestag.

De la difficulté de gouverner avec une faible majorité :

Le chancelier social-démocrate va devoir combattre une opposition renforcée. Le président du groupe parlementaire des Unions chrétiennes (CDU/CSU, opposition) à la chambre des députés, Friedrich Merz, annonçait lundi une législature " extrêmement difficile ". Si la coalition rouge-verte dispose d’une avance de onze sièges au Bundestag, elle est assurée de rudes batailles à la chambre haute, le Bundesrat, où le CDU/CSU et les libéraux du FDP sont majoritaires. Or, ils devront donner leur aval aux réformes de fond prévues par Gerhard Schröder.

Sur le chômage, remettre son métier 100 fois :

Une grosse épine dans le pied du chancelier. En août, on dénombrait 4,018 millions de chômeurs, à peine moins qu’il y a quatre ans. Certaines régions de l’ex-RDA comptent aujourd’hui plus de 20% de chômeurs. Les sociaux-démocrates misent sur une réforme radicale du marché du travail. Une commission, présidée par le directeur du personnel de Volkswagen, Peter Hartz, propose des solutions d’inspiration libérale : développement de l’intérim, du temps partiel et des petits boulots, incitation des chômeurs à trouver un emploi. Selon Peter Hartz, ces réformes doivent permettre de réduire de deux millions en trois ans le nombre de demandeurs d’emploi.

Un objectif d’autant plus difficile à réaliser que l’Allemagne fait face à une croissance très morne, 0,6% en 2001, sans doute pas plus de 0,75% cette année, selon les estimations officielles. Même si, comme la France, l’Allemagne assure, la main sur le cœur, qu’elle tiendra les engagements européens du pacte de stabilité, elle devrait avoir beaucoup de mal à y arriver.

Jouer au bras de fer avec Etats-Unis… en attendant le retour de flammes

En refusant toute participation à une intervention militaire même sous mandat de l'ONU, Schröder a gagné des voix mais ne s’est pas fait des amis Outre-Atlantique. Du côté américain, on ne décolère pas : " le chancelier Schröder et son gouvernement ont beaucoup de travail à faire pour réparer les dégâts qu'il a provoqués par ses excès pendant sa campagne électorale ", a affirmé un responsable de la Maison Blanche. Les relations entre les deux pays traversent "une atmosphère empoisonnée", a également fustigé la conseillère pour la sécurité de M. Bush, Condoleezza Rice dans une interview au quotidien économique Financial Times Deutschland (FTD) samedi.

Dès lundi pourtant, le gouvernement allemand semblait vouloir apaiser les esprits : " les Etat-Unis sont nos alliés les plus importants", a déclaré M. Fischer, ministre des affaires étrangères et leader des Verts. Rancunier, le président américain a répété lundi qu’il se refusait à passer l'éponge et a fait savoir qu'une lourde tâche attendait le social-démocrate réélu, pour réparer les dommages causés aux relations bilatérales.

Par S.L le 24 septembre 2002 à 18:41
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