L'Irak prépare la guerre et parle de paix

Par L.V., le 04 septembre 2002 à 11h56 , mis à jour le 03 septembre 2002 à 11h58

Après un entretien avec Kofi Annan, le vice-président irakien a évoqué une négociation sur un retour des inspecteurs de l'ONU. A Badgad, toutefois, médias et politiques s'enflamment contre l'Amérique et Israël.

irak carte bagdad © INTERNE

L'Irak est prêt à négocier le retour des inspecteurs de l'ONU chargés de son désarmement, à condition que les pourparlers portent sur l'abandon des sanctions économiques qui le frappent et la restauration de sa souveraineté sur l'intégralité de son territoire. C'est au terme d'une rencontre avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan que le vice-président irakien a fait cette annonce. Tarek Aziz, qui dirige la délégation irakienne au sommet de la Terre, a en effet réaffirmé à la presse, comme lundi, que l'Irak restait "prêt à coopérer avec les Nations Unies" dans le cadre d'un règlement global "qui traiterait de toutes les questions de matière équitable et raisonnable".

"C'est une crise", a toutefois ajouté le fidèle envoyé de Saddam Hussein,, qui a dit avoir échangé avec Kofi Annan de "légitimes inquiétudes sur la situation". "Nous prenons la menace très au sérieux, car c'est notre responsabilité (...) Nous nous préparons à défendre notre pays". De son côté, le Secrétariat général de l'ONU, dans un bref communiqué, a indiqué que la rencontre s'inscrivait dans le cadre d'un dialogue continu "en vue d'un accord sur un retour des inspecteurs" de désarmement en Irak.

Haro sur Israël

Mais ces déclarations rassurantes n'ont pas empêché médias et politiques irakiens de s'enflammer une fois de plus, contre l'Amérique comme contre Israël. Ainsi, paralèllement, un journal irakien a affirmé mardi qu'Israël allait perpétrer une action terroriste sur le sol américain pour amener les Etats-Unis à lancer une attaque militaire d'envergure contre l'Irak. "L'administration américaine ayant échoué à trouver le moindre lien entre l'Irak et les événements du 11 septembre (...), l'entité sioniste pourrait recourir à une action terroriste aux Etats-Unis (...) conformément à sa volonté de voir l'Irak agressé", écrit le quotidien Babel, dirigé par Oudaï Saddam Hussein, le fils aîné du président irakien.

A Bagdad toujours, le numéro deux irakien Ezzat Ibrahim a quant à lui appelé les pays arabes à faire preuve de "fermeté" face aux Etats-Unis, qui menacent d'attaquer l'Irak, à l'ouverture d'une réunion interparlementaire arabe. "La nation arabe est appelée (…) à mobiliser toutes ses potentialités pour mettre en échec une telle agression", a-t-il déclaré. M. Ibrahim, vice-président du Conseil de commandement de la révolution, la plus haute instance dirigeante en Irak, a ajouté que la conjoncture actuelle commandait aux Arabes d'"être à la hauteur de la confrontation historique" avec les Etats-Unis. S'adressant aux participants, il a plaidé pour un soutien arabe "politique, économique et militaire" aux Palestiniens pour "expulser les sionistes de notre terre sainte, la Palestine".

Par L.V. le 04 septembre 2002 à 11:56
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