al-Qaïda aurait testé des armes chimiques en Irak

Par Léonard VINCENT, le 23 septembre 2002 à 16h09 , mis à jour le 23 septembre 2002 à 16h16

Le quotidien israélien Ha'aretz affirme qu'un groupe d'activistes d'al-Qaïda a effectué des tests d'armes chimiques sur le territoire irakien, dans une zone échappant au contrôle du régime de Saddam Hussein.

irak carte mossoul kurdisan © INTERNE

Un groupe d'activistes de l'organisation islamiste al-Qaïda aurait pratiqué il y a quelques mois des essais d'armes chimiques sur le territoire irakien, en dehors du contrôle de Bagdad. C'est ce qu'affirme, dans l'édition de lundi du quotidien israélien Ha'aretz, son correspondant militaire Ze'ev Schiff, généralement bien informé. Les tests auraient été effectués dans la zone kurde du nord du pays, sur une parcelle de territoire contrôlé par un groupe armé intégriste lié à la mouvance ben Laden.

Ha'aretz ignore encore si les expérimentations ont été pratiquées sur des êtres vivants, humains ou animaux, mais affirme qu'elles ont été conduites par des experts naguère protégés par les taliban et contraints à l'exil par la traque américaine. Le choix de ce secteur de l'Irak serait tombé sous le sens, à la fois par sa proximité géographique avec l'Asie centrale et l'absence de contrôle de l'administration irakienne. De plus, des bases américaines en Turquie auraient pu servir de cibles faciles à des groupes opérants au Kurdisan, ainsi que l'armée russe en Tchétchénie, pour laquelle la Turquie offre une base arrière notoire. Ha'aretz affirme toutefois qu'il est probable que le régime irakien n'ait pas été au courant que de telles expérimentations étaient préparées sur son sol, mais qu'il ne pouvait les ignorer une fois qu'elles avaient été réalisées.

Une zone qui échappe à Bagdad

Depuis la fin de la guerre du Golfe, le nord de l'Irak est contrôlé par deux factions kurdes gérant de facto la sécurité de cette enclave montagneuse à la frontière de la Turquie, de la Syrie et de l'Iran. C'est là que, durant le conflit avec l'Iran, le régime de Saddam Hussein avait pratiqué le gazage systématique des villages kurdes, lorsque son gouvernement et lui avaient décidé de voir dans la population locale une fourmilière d'agents de Téhéran. Une zone qui, aujourd'hui, échappe au contrôle de Bagdad et, dont certains secteurs vivent, depuis l'année dernière, sous la férule d'un obscur groupe armé islamiste baptisé Ansar al-Islam. Liés à la mouvance ben Laden, ces "Guerriers de l'Islam" bénéficeraient en outre du soutien des durs de la révolution iranienne, les pires ennemis de Saddam Hussein comme des Etats-Unis.

Afin de s'assurer une certaine autorité dans la région, les quelques centaines d'hommes des Ansar al-Islam ont effectué plusieurs razzias, au cours de ces derniers mois. Un commando islamiste avait ainsi pénétré un matin de septembre 2001 dans le village de Heli-Hama, avait aligné une quarantaine de peshmergas du PDK, le Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani qui contrôlait théoriquement la région, et les avait abattu avant de disparaître dans les montagnes.

Par Léonard VINCENT le 23 septembre 2002 à 16:09
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience