© INTERNESi le gouvernement d'Israël s'apprête à examiner le dernier plan de paix américain, il y a peu de chances pour qu'il soit entériné rapidement et tel quel. Les Israéliens ont en effet d'ores et déjà émis des réserves sur la "feuille de route" (roadmap) mise au point par le Quartet (Union européenne, ONU, Etats-Unis, Russie) et présentée par l'administration Bush, exigeant que leur soient fournies des garanties sur le respect des différentes étapes décrites dans le texte. "Nous examinons chaque point de ce plan et ferons part de nos remarques, qui pourront être formulées d'ici à décembre", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres, qui a expliqué en outre que le document était un "brouillon".
Respecter les étapes
Quoi qu'il en soit, l'adjoint de Colin Powell en charge du Proche-Orient, William Burns, est arrivé mercredi à Jérusalem, où il a rencontré en fin de journée le Premier ministre Ariel Sharon. Jeudi, il s'entretiendra avec le ministre de la Défense Benyamin Ben Eliezer, avant de franchir les check-points israéliens pour rencontrer en zone autonome des responsables gouvernementaux palestiniens. Toutefois, fidèle à la doctrine de George W. Bush qui considère que la passivité entretenue par Yasser Arafat face au terrorisme lui retire toute crédibilité, William Burns ne rencontrera pas le président palestinien.
Sur le fond, la roadmap américaine n'est pourtant pas vouée à l'échec, comme tant de textes depuis le début de l'Intifada al-Aqsa, en septembre 2000. Il est toutefois notoire que les Israéliens ne veulent pas se retrouver liés à un mécanisme les obligeant à avancer s'ils estiment que les Palestiniens n'ont pas respecté leurs engagements. Dans un tel cas, l'Etat d'Israël refuserait d'avancer plus avant, ce qui le ferait apparaître comme le fauteur de guerre. Un proche du Premier ministre Ariel Sharon a ainsi expliqué qu'il sera "impossible de progresser d'une étape à l'autre de ce plan sans que les engagements des parties soient préalablement totalement respectées. Il faudra vérifier leur application et non les échéances fixées". Shimon Peres, de son côté, a expliqué que, par exemple, "les Américains savent que nous ne quitterons pas les territoires aussi longtemps qu'il n'y aura pas quelqu'un pour les gérer".
Un Etat palestinien en 2006
Selon la presse israélienne, le document américain évoque un règlement définitif du conflit israélo-palestinien en trois ans, avec la proclamation d'un Etat souverain de Palestine provisoire d'ici à juin 2004. La première étape consisterait pour les Israéliens, d'ici à juin 2003, à lever le blocus militaire des villes palestiniennes, à se retirer au-delà des lignes d'avant l'Intifada al-Aqsa, à démanteler les colonies illégales, ainsi qu'à améliorer la situation humanitaire des populations arabes. Entre-temps, les Palestiniens devront avoir fait totalement cesser les violences et avoir pratiqué des réformes de l'Autorité autonome. Celle-ci devra, entre autres, se doter d'un Premier ministre, rassembler ses nombreux services de sécurité en une seule entité et renouer la coopération sécuritaire avec Israël.
Ensuite, des élections générales dans les territoires palestiniens devraient pouvoir permettre l'ouverture d'une conférence internationale d'ici fin 2003 ou juin 2004. Au terme de cette conférence, un Etat palestinien provisoire serait officiellement proclamé, avant que des négociations judéo-arabes sur le statut définitif de la Palestine ne s'ouvrent, jusqu'à la fin de l'année 2005 ou à la mi-2006. Ce qui permettrait, si le terrorisme palestinien était jugulé, de proclamer la naissance d'un nouvel Etat : la Palestine.
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