© INTERNELes électeurs serbes ont tranché : ils sont restés chez eux. Dimanche, le deuxième tour de l’élection présidentielle en Serbie n'a pas réussi à obtenir le minimum de votants nécessaire pour que le scrutin soit validé. "Il n'y a plus de possibilité pour que le taux de participation soit supérieur à 50%", comme l'impose la loi électorale, a indiqué en soirée Zoran Lucic, l'un des responsables du Centre pour des élections et la démocratie (CESID). Cette organisation non-gouvernementale qui suivait les opérations de vote et avait dépêché des observateurs dans la quasi totalité des bureaux, estimait dimanche soir le taux de participation à 45,5%. Une nouvelle élection à deux tours devra avoir lieu dans un délai se situant entre 45 et 90 jours et une nouvelle liste de candidatures devra être établie.
Parmi les votes exprimés, 66,6% sont allés au président de Yougoslavie Vojislav Kostunica, et 31,3% à son challenger direct et ancien allié, le vice-premier ministre yougoslave Miroljub Labus. Un résultat conforme aux sondages qui donnaient Kostunica largement vainqueur. Mais cette avance confirmée dans les urnes n'est qu'une maigre consolation. L'échec annoncé du second tour de la présidentielle constitue avant tout un succès pour le leader des ultra-nationalistes Vojislav Seselj, un allié de l'ancien président Slobodan Milosevic, qui avait appelé ses partisans à boycotter le deuxième tour de scrutin. Un succès qui vient s'ajouter aux plus de 23% des voix qu'il avait obtenus au premier tour de l'élection, le 29 septembre, à la surprise générale.
Les conséquences de l’annulation
Poussés par l'Union européenne, la Serbie et le Monténégro sont convenus en mars dernier de transformer l'actuelle RFY, qu'ils forment depuis 1992, en une nouvelle union. Mais l'annulation de l'élection présidentielle en raison du faible taux de participation va sans doute retarder la finalisation d'importants dossiers politiques en souffrance, comme l'adoption de la Charte du futur Etat de Serbie-Monténégro dont dépend le déclenchement de la procédure d'admission du pays au Conseil de l'Europe, prévu le 7 novembre.
Autre conséquence de la maigre participation de ce dimanche : l'invalidation du scrutin va ralentir également le processus de réformes engagé par le gouvernement dirigé par le pragmatique premier ministre serbe Zoran Djindjic, qui appuie Miroljub Labus, juriste et économiste libéral. L'élection présidentielle était d'ailleurs considérée comme un test du rapport des forces entre Vojislav Kostunica, également juriste, et Zoran Djindjic, son ancien partenaire mais devenu, au fil des mois, son plus farouche adversaire. Dans ce duel sans merci, les abstentionnistes ont arbitré à leur manière.
Photo d’ouverture : archive
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