© INTERNELes dirigeants des pays francophones ont entendu Jacques Chirac. Depuis l’ouverture du sommet de Beyrouth, le chef de l’Etat français avait milité pour un rôle politique accru de la francophonie, appelant ses homologues à mener une lutte "sans merci" contre le terrorisme "dans le respect des droits de l'Homme et des règles de l'Etat de droit". Et il avait aussi défendu, pour le règlement de la crise irakienne, un strict respect du rôle de l'ONU. Sur ce chapitre brûlant, les dirigeants francophones ont réussi à trouver une position commune, qui se situe dans la droite ligne de celle défendue jusqu'à présent par la France devant les Nations Unies. Le neuvième sommet de la Francophonie s’est achevé dimanche sur l’adoption d’une résolution qui défend notamment "la primauté du droit international et le rôle primordial de l'ONU" tout en appelant "l'Irak à respecter pleinement toutes ses obligations". Un texte qui a entraîné jusqu’au bout d’âpres discussions, puisque la version initiale du projet de déclaration finale ne mentionnait pas l'Irak. Ce passage sur l'Irak a été intégré à la suite de discussions avec les représentants de pays arabes, notamment le Liban, qui souhaitaient des remaniements sur ce sujet.
Cette déclaration finale condamne par ailleurs "énergiquement" le terrorisme, "conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies". Elle souligne "la nécessité d'une coopération étroite de tous nos Etats et gouvernements pour prévenir ce fléau" et indique que les signataires s'engagent "à adhérer dès que possible à toutes les conventions internationales antiterroristes et à les mettre en oeuvre". Les francophones appellent à "la conclusion d'une convention générale sur le terrorisme" et affirment que "toutes les mesures prises pour combattre le terrorisme doivent respecter les principes fondamentaux de la charte des Nations unies et les instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme, au droit humanitaire et au droit des réfugiés".
"Primauté du droit international"
La déclaration condamne aussi "les violations de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale des Etats, l'utilisation des territoires des pays d'accueil des réfugiés pour déstabiliser leurs pays d'origine, les agressions armées, les situations d'occupation, la destruction, le pillage et l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses ainsi que les atteintes aux droits de l'Homme". Les francophones réaffirment leur "soutien à l'ONU dans sa recherche de solutions justes et pacifiques à ces situations".
L'ancien président sénégalais Abdou Diouf, 67 ans, a par ailleurs été élu au poste de secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie. Il était le seul candidat restant en lice après le retrait d'Henri Lopès, ambassadeur du Congo-Brazzaville à Paris, soutenu par plusieurs pays d'Afrique centrale. Abdou Diouf succède à la tête de l'OIF qui regroupe 56 Etats et provinces, au diplomate égyptien Boutros Boutros-Ghali, 80 ans, qui avait été élu à ce poste au sommet francophone de Hanoi en 1997.
Les autres points de la résolution finale |
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