La francophonie affirme son rôle politique

Par F.L., le 20 octobre 2002 à 20h26 , mis à jour le 19 octobre 2002 à 20h28

Si elle marque un engagement dans la lutte contre le terrorisme, la déclaration finale du sommet de Beyrouth réaffirme le rôle "primordial" de l’ONU. Concernant la crise irakienne, elle défend la primauté du droit international tout en appelant l'Irak à respecter ses obligations.

chirac francophonie © INTERNE

Les dirigeants des pays francophones ont entendu Jacques Chirac. Depuis l’ouverture du sommet de Beyrouth, le chef de l’Etat français avait milité pour un rôle politique accru de la francophonie, appelant ses homologues à mener une lutte "sans merci" contre le terrorisme "dans le respect des droits de l'Homme et des règles de l'Etat de droit". Et il avait aussi défendu, pour le règlement de la crise irakienne, un strict respect du rôle de l'ONU. Sur ce chapitre brûlant, les dirigeants francophones ont réussi à trouver une position commune, qui se situe dans la droite ligne de celle défendue jusqu'à présent par la France devant les Nations Unies. Le neuvième sommet de la Francophonie s’est achevé dimanche sur l’adoption d’une résolution qui défend notamment "la primauté du droit international et le rôle primordial de l'ONU" tout en appelant "l'Irak à respecter pleinement toutes ses obligations". Un texte qui a entraîné jusqu’au bout d’âpres discussions, puisque la version initiale du projet de déclaration finale ne mentionnait pas l'Irak. Ce passage sur l'Irak a été intégré à la suite de discussions avec les représentants de pays arabes, notamment le Liban, qui souhaitaient des remaniements sur ce sujet.

Cette déclaration finale condamne par ailleurs "énergiquement" le terrorisme, "conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies". Elle souligne "la nécessité d'une coopération étroite de tous nos Etats et gouvernements pour prévenir ce fléau" et indique que les signataires s'engagent "à adhérer dès que possible à toutes les conventions internationales antiterroristes et à les mettre en oeuvre". Les francophones appellent à "la conclusion d'une convention générale sur le terrorisme" et affirment que "toutes les mesures prises pour combattre le terrorisme doivent respecter les principes fondamentaux de la charte des Nations unies et les instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme, au droit humanitaire et au droit des réfugiés".

"Primauté du droit international"

La déclaration condamne aussi "les violations de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale des Etats, l'utilisation des territoires des pays d'accueil des réfugiés pour déstabiliser leurs pays d'origine, les agressions armées, les situations d'occupation, la destruction, le pillage et l'exploitation illégale des ressources naturelles et autres formes de richesses ainsi que les atteintes aux droits de l'Homme". Les francophones réaffirment leur "soutien à l'ONU dans sa recherche de solutions justes et pacifiques à ces situations".

L'ancien président sénégalais Abdou Diouf, 67 ans, a par ailleurs été élu au poste de secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie. Il était le seul candidat restant en lice après le retrait d'Henri Lopès, ambassadeur du Congo-Brazzaville à Paris, soutenu par plusieurs pays d'Afrique centrale. Abdou Diouf succède à la tête de l'OIF qui regroupe 56 Etats et provinces, au diplomate égyptien Boutros Boutros-Ghali, 80 ans, qui avait été élu à ce poste au sommet francophone de Hanoi en 1997.

Les autres points de la résolution finale

  • les pays francophones ont donné leur appui au dernier plan arabe de paix, qui constitue, selon eux, "le cadre le plus approprié pour arriver à une solution juste, durable et globale dans la région" du Proche-Orient. Le sommet arabe, qui s'est tenu en mars à Beyrouth, avait adopté un plan présenté par le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz, proposant une normalisation des relations avec Israël en échange d'un retrait total israélien des territoires arabes occupés depuis 1967 et d'un règlement de la question palestinienne.

  • les responsables francophones ont rejeté "la tentative de prise de pouvoir par la force et la remise en cause de l'ordre constitutionnel en Côte d'Ivoire", qui a contraint le président Laurent Gbagbo à annuler sa participation au sommet, appelant les Ivoiriens au dialogue, "seule voie de réconciliation durable".

  • le sommet a aussi été marqué par un net rapprochement de l'Algérie avec la famille francophone mondiale, quarante ans après son indépendance.

Par F.L. le 20 octobre 2002 à 20:26
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