Israël : un autobus frappé par un attentat

Par L.V., le 22 octobre 2002 à 16h38 , mis à jour le 21 octobre 2002 à 16h41

Un attentat à la bombe s'est produit lundi après-midi contre un autobus israélien, près de Pardès Hanna, entre Tel-Aviv et Haïfa. Le dernier bilan fait état d'au moins 14 morts et de 50 blessés.

israel attentat autobus pardes hannah 21 octobre © INTERNE

Au moins quatorze personnes ont péri dans un attentat à la voiture piégée commis contre un bus dans le nord d'Israël. Une cinquantaine de personnes ont été blessées, dont six grièvement atteintes, dans l'explosion qui a entièrement détruit un bus de la compagnie Egged au carrefour de Karkour, à la limite sud de la ville de Pardès Hanna, située à une dizaine de kilomètres de la "ligne verte", séparant Israël de la Cisjordanie.

Une voiture transportant une importante charge explosive, mais aussi sans doute des bidons d'essence, a explosé juste à côté de l'autobus dont il ne restait qu'une carcasse complètement calcinée. Selon des médias israéliens, deux kamikazes se trouvaient à bord du véhicule piégé de type Jeep. Selon un porte-parole de la police, Daniel Kopler, la bombe devait peser environ 80 kilogrammes. M. Kopler a indiqué qu'il y avait 30 personnes à bord du bus et laissé entendre que le bilan pourrait s'aggraver. Le bilan des morts inclut le ou les auteurs de l'attentat, le premier perpétré à l'explosif en territoire israélien depuis le 10 octobre.

Selon le chauffeur du bus, Haïm Avraham, la voiture a explosé alors que le véhicule était arrêté pour embarquer des passagers. "Une voiture a sauté et tout l'autobus a été projeté en l'air", a-t-il raconté depuis son lit d'hôpital. Michael Yitzhaki, un survivant interrogé par la radio, a indiqué que le bus avait pris feu après le choc avec la voiture piégée, précisant que cela avait fait exploser les munitions de soldats se trouvant à bord .

Le Jihad islamique revendique

Dans un appel au bureau de l'Agence France Presse à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, un interlocuteur anonyme a revendiqué l'attentat au nom des Brigades al-Qods, la branche armée du Jihad islamique. Un autre appel, reçu par la télévision du Hezbollah libanais, al-Manar, a également revendiqué "l'attentat-suicide" au nom de la même organisation terroriste.

De son côté, un proche conseiller du Premier ministre israélien  Ariel Sharon a estimé que le président palestinien Yasser Arafat était responsable de la tuerie, "directement ou indirectement". "Avant d'envisager le moindre plan de paix, nous devons absolument mettre un terme au terrorisme et à la violence, et cela dépend de la direction palestinienne", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement israélien et son ministre de la Défense Benyamin Ben Eliezer se sont réunis en fin de journée, afin d'étudier les circonstances de l'attentat et la réponse qu'Israël entend  apporter. Entre-temps, le principal conseiller du dirigeant palestinien, Nabil Abou Roudeina, avait condamné l'attentat, répétant que Yasser Arafat était opposé "aux crimes contre des civils des deux côtés".

Il s'agit du premier attentat à l'explosif en territoire israélien depuis le 10 octobre, lorsqu'à Tel Aviv, un kamikaze avait tué une Israélienne, en faisant exploser la charge qu'il portait. Il avait également été tué dans l'explosion.

TSAHAL DETRUIT DES MAISONS DE KAMIKAZES

Près de Naplouse, l'armée israélienne a détruit, dans la nuit de lundi à mardi, les maisons de deux kamikazes palestiniens auteurs d'un attentat anti-israélien, ont indiqué des témoins et la radio publique israélienne. L'attentat, perpétré le 17 juillet à Tel Aviv, avait fait cinq morts et une quarantaine de blessés outre les deux kamikazes. Il avait été revendiqué par le groupe armé radical Jihad islamique.

En outre, l'armée israélienne a dynamité à Kfar Salem, près de Naplouse, la maison de Mahmoud Aïssa, un activiste des Brigades d'Abou Ali Moustapha, branche armée du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche radicale), selon des témoins.

Par ailleurs, deux activistes palestiniens recherchés ont été arrêtés par l'armée israélienne, respectivement à Ramallah et Bethléem en Cisjordanie, a-t-on appris de source militaire.

Par L.V. le 22 octobre 2002 à 16:38
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