© INTERNEElle s’appelle Bozena Kopec Borowiec. Française d’origine polonaise, réfugiée en Suisse avec sa fille Constance, âgée de quatre ans, elle a déposé une demande d’asile dans ce pays ; elle a été arrêtée le 11 juin dernier par la police cantonale vaudoise. La France réclame son retour et l’a déjà condamnée à une peine d'un an de prison pour non présentation d'enfant à son ex-mari. Elle, depuis le 11 juin, menace de se suicider, alterne procédures et grèves de la faim pour échapper à cette condamnation et récupérer sa fille. Elle est actuellement emprisonnée à la prison de Lonay, dans le canton de Vaud. Le Tribunal Fédéral suisse, la plus haute instance juridique du pays, vient sans doute de sonner le glas de ses derniers espoirs en autorisant son extradition.
Pour la justice française, la garde de Constance doit revenir à l’ex-conjoint de Bozena. Mais cette dernière l’accuse d'attouchements sur leur enfant. Pas plus ses arguments que le témoignage de la petite fille n’ont convaincu les juges, malgré les rapports de plusieurs médecins, psychologues, et même de l’assistante sociale de l'école où était scolarisée l’enfant. La plainte déposée pour abus sexuel a été classée sans suite. Bozena a donc pris la fuite, et s’est retrouvée sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Vue par la justice française comme déséquilibrée, elle a pourtant réussi à convaincre Georges Glatz, président du Comité international pour la dignité de l’enfant, (CIDE) : "au vu de ce qu’elle m’a dit et des pièces du dossier, je considère son témoignage comme crédible. L’affaire devrait être rouverte et réexaminée. C’est dans ce sens que j’ai écrit au président Jacques Chirac".
Dilemme pour la justice suisse
Si le cas de Bozena Kopec Borowiec embarrasse à ce point la justice française et les autorités helvétiques, c’est qu’il est loin d’être unique. Trop souvent, dénonce le CIDE, le témoignage des enfants n’est pas pris en compte par les tribunaux dans des affaires semblables. Comme Bozena, de nombreuses mères, françaises, belges et espagnoles accusant leur ancien conjoint d’attouchements ou de viols sur leurs enfants, et que la justice de leur pays n’a pas entendues, ont franchi la frontière pour se réfugier en Suisse. Cruel dilemme pour la justice suisse : même si leurs témoignages et ceux des enfants paraissent dignes de foi aux médecins et aux pédopsychiatres, les juges suisse n’ont aucune autorité pour trancher en lieu et place des autorités judiciaires des pays concernés. Lesquelles réclament une extradition bien difficile à refuser.
Tout n’est pas encore terminé pour Bozena Kopec Borowiec. Même si sa demande d’asile n’a pas abouti, son dossier doit encore être examiné par la Commission suisse de recours en matière d'asile (CRA). Malgré la décision du Tribunal Fédéral suisse, elle ne sera pas extradée avant la fin de la procédure légale. Mais ce n’est plus sans doute qu’une question de temps.
Photo d’ouverture : archive
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