Monténégro : un parlement pour l'indépendance

Par L.V. avec AFP, le 21 octobre 2002 à 10h23 , mis à jour le 21 octobre 2002 à 10h29

La coalition du président indépendantiste Milo Djukanovic a obtenu la majorité absolue des sièges du parlement au Monténégro, lors des législatives de dimanche.

yougoslavie rfy montenegro milo djukanovic au micro © INTERNE

Dès les premiers résultats connus, le centre-ville de Podgorica a retenti des concerts de klaxons et des cris de victoire des partisans du président Djukanovic, juchés sur le capot ou le toit des voitures, agitant des drapeaux. Peu après 23 heures dimanche, on apprenait en effet que la coalition au pouvoir au Monténégro avait obtenu la majorité absolue au sein du futur parlement, avec 48,1% des voix, lui assurant 39 députés sur 75. Les partis pro-yougoslaves, réunis sous l'égide de la coalition "Ensemble pour le changement", sont ramenés à 39,4%, soit 30 sièges.

Dans la perspective de l'élection présidentielle du 22 décembre, il s'agit d'un résultat de bon augure pour le président Milo Djukanovic (photo), qui a engagé ce petit pays orthodoxe, fait de montagnes et de rivages sauvages sur l'Adriatique, sur la voie de l'indépedance. Le président monténégrin peut également aborder en confiance et en position de force les négociations avec la Serbie sur l'union des deux derniers Etats de l'ex-Yougoslavie à demeurer liés.

Déroute des radicaux

Le parti Libéral, qui avait fait vaciller la coalition au pouvoir de M. Djukanovic au printemps, est laminé par le scrutin de dimanche, ne recueillant que 5,8% des voix. Avec 4 députés, les séparatistes "libéraux", qui avaient pourtant inoculé l'idée de sécession avant de lâcher le gouvernement, ne devraient plus jouer de rôle politique important.

"Le Monténégro a remporté une victoire sur sa route vers l'Europe, a lancé le président Djukanovic quelques heures après l'annonce de sa victoire. Nous avons reçu un gouvernement stable qui s'attèlera pendant quatre ans à un règlement des graves problèmes économiques et sociaux."

Les séparatistes soutenaient depuis avril 2001 le pouvoir en place, lui assurant le contrôle du parlement. Mais ils avaient voulu sanctionner Milo Djukanovic pour avoir signé le 14 mars dernier à Belgrade, sous la pression de l'Union européenne, un accord portant sur la création d'un Etat Serbie-Monténégro, destiné à succéder à l'actuelle Yougoslavie. Ils avaient en outre accusé Djukanovic d'avoir trahi les indépendantistes monténégrins qui représentent environ, selon divers sondages, la moitié de l'électorat. Et Djukanovik avait répliqué en faisant valoir que, selon l'accord, le Monténégro pourrait prétendre à l'indépendance dans un délai minimum de trois ans.

Par L.V. avec AFP le 21 octobre 2002 à 10:23
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