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Les drapeaux sont en berne et les écoles fermées en cette journée de deuil national. Aujourd’hui, la Russie enterre les victimes de la prise d’otages par un commando tchétchène la semaine dernière. Sur les quelque 800 ex-otages du théâtre de Moscou, 117 sont morts, 311 sont toujours hospitalisés, 16 d'entre eux se trouvent dans un état grave. De nombreuses incertitudes persistent sur la nature de la mort de ces otages. Jusqu'à présent, de sources hospitalières, il était établi que sur les 117 victimes, 115 avaient succombé à l’inhalation d’un gaz incapacitant, utilisé par les forces spéciales russes pour neutraliser le commando tchétchène. Ce matin le parquet de Moscou, selon l'agence Interfax, affirmait que 45 otages avaient été tués par balles. Après avoir démenti dans un premier temps cette information, le parquet rectifie : il y a bien 45 tués par balles, mais parmi lesquels 41 commandos tchétchènes et seulement 4 otages. Le Parquet ajoutant que les experts criminels devaient encore examiner par qui, rebelles ou forces de l'ordre, les otages avaient été tués.
Quel gaz a été utilisé ?
Quant à la nature exacte du gaz utilisé par les forces spéciales russes, elle reste inconnue. Les informations parcellaires données par Moscou alimentent interrogations et scepticisme. "Personne ne peut dire ce qui a été utilisé. Il y a sur le marché un nombre incalculable de produits, certains utilisés dans l'industrie chimique comme par exemple le cyanure, qui peuvent tout à fait être détournés à des fins militaires", a estimé un médecin militaire français ayant requis l'anonymat. Selon ce médecin, "le problème n'est pas tant la nature du gaz que le dosage. C'est la dose qui fait le poison et autant il est facile de calculer dans une éprouvette, autant il est ardu de tracer la frontière entre dose non mortelle et dose mortelle à cette échelle".
"Dans un si grand théâtre, il est difficile de contrôler le dosage", a estimé de son côté le professeur Thomas Zickler, qui suit deux Allemands rescapés rapatriés à Munich (sud de l'Allemagne). Selon lui, le gaz utilisé est un carbure d'hydrogène chloré, un gaz narcotique dont une surdose peut très facilement entraîner la mort. Trop de gaz a pu être émis, ce qui a pu réduire la quantité d'oxygène, a-t-il estimé. Quoiqu'il en soit, l'objectif des services spéciaux "n'était pas de tuer tout le monde et par conséquent l'utilisation de sarin ou d'un autre poison en tant que tel est exclue", a estimé M. Zickler.
Une analyse partagée par Philippe Legorjus, ancien commandant du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). "Je n'imagine pas que les Russes aient utilisé un gaz létal, que de propos délibéré ils aient balancé un produit en sachant qu'ils allaient tuer 100 à 150 personnes. Mais ce qui est choquant, c'est qu'il n'y ait pas eu d'assistance médicale combinée", a-t-il dit.
Des images qui "n'existent pas" |
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