© INTERNEDans cette métropole de près de cinq millions d'habitants, aux banlieues coquettes entrelardées d'autoroutes, le tireur n'a que l'embarras du choix dans sa recherche de gibier humain. Les centaines d'enquêteurs mobilisés depuis son premier meurtre le 2 octobre examinent à la loupe tous ses déplacements, toutes ses cibles, cherchant désespérément à y trouver une logique, une clé pouvant aider à sa capture. Des psychologues, des "profileurs géographiques", ont été appelés à la rescousse, pour essayer d'orienter l'enquête vers une personnalité particulière ou une zone géographique.
Outre la proximité des grands axes, quelques constantes ont émergé, sans pour autant aider à résoudre le mystère. Chaque fois, cruellement précis, le tueur ne tire qu'une seule balle. Invisible, tirant à plus de 100 mètres, sauf dans le dernier meurtre lundi. Tous les fragments de balle retrouvés étaient de calibre .223, et ont été liés à la même arme, fusil d'assaut semi-automatique, fusil de chasse ou de compétition. A quatre reprises, il a tué des clients de stations-service. A quatre reprises aussi, un magasin de la chaîne Michaels (art et encadrement) se trouvait à proximité. Et au moins quatre fois, des témoins ont fait état d'une camionnette claire quittant les lieux.
Jamais le week-end
A une exception près, il a toujours tué avant 10h00 le matin ou après 20h00, et jamais le week-end. Chacun y va donc de son explication. Il s'agirait d'un jeune vivant chez ses parents, d'un artisan qui opère uniquement sur le chemin du travail; d'un homme qui utilise ses week-ends pour effectuer un repérage minutieux des lieux.
Pour le reste, le tueur semble choisir ses proies au hasard. Ses victimes - six hommes, un adolescent et quatre femmes - avaient entre 13 et 72 ans. Trois étaient étrangères, au moins trois noires, une hispanique. Elles étaient homme d'affaires, jardinier, retraité, femme au foyer, nourrice, écolier, chauffeur de taxi, analyste du FBI... Tous vaquaient à leurs occupations quotidiennes.
Plus audacieux
Mais ses deux derniers meurtres étaient plus audacieux. Vendredi dernier, un policier se trouvait à moins de 50 mètres. Lundi, le tireur est sorti de son véhicule et des témoins l'ont vu. "Il est devenu plus culotté", commente Alan Fox, professeur de criminologie à l'université du Nord-Est à Boston. A terme, cela peut conduire à sa perte". Richard Rosetti, consultant spécialiste des questions de sécurité à Washington n'en est pas si sûr. "Il peut continuer à tuer comme cela pendant des mois s'il ne fait pas d'erreur".
Seule signature à ce jour, une carte de tarot représentant la mort, et où le tireur avait écrit "Cher policier, je suis Dieu".
(photo : un contrôle de police à Washington)
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