Hu Jintao, l'énigme tranquille

Par AFP, le 15 novembre 2002 à 00h00 , mis à jour le 14 novembre 2002 à 16h13

Hu Jintao, 59 ans, est devenu vendredi le secrétaire général du parti communiste de son pays. Le nouveau numéro un chinois est de l'avis unanime un homme brillant mais opaque.

Photo : Frederic J. BROWN (AFP) © INTERNE

Comme prévu, Hu Jintao, 60 ans en décembre, a été élu secrétaire général du parti communiste chinois vendredi. Il remplace Jiang Zemin, 76 ans. Mais ce dernier conservera un main sur le pouvoir car il s’est assuré le poste de chef des armées et a installé une nouvelle direction contrôlée par ses proches. Officiellement, le patriarche restera le chef de l'Etat, jusqu’en an mars prochain.

Son successeur est un homme brillant aux dires de tous mais très énigmatique. En Chine même, où la propagande a jusqu'à présent mis l'accent sur le bilan de 13 ans de pouvoir de Jiang Zemin, l’actuel vice-président de la république reste peu connu. Sur la scène internationale, il ne s'est fait un nom que récemment, lors d'une visite en Europe il y un an et aux Etats-Unis en avril dernier.

Ingénieur hydraulicien

"Il est très bon, brillant", selon Wang Dazhong, le président de l'université Tsinghua, où Hu Jintao a décroché un poste d’ingénieur hydraulicien, et occupé des fonctions du "répétiteur politique". "Il est très méthodique et a une mémoire remarquable", affirme un diplomate qui l'a rencontré, qui ajoute : "Il a une bonne compréhension de l'étranger, et des facilités au niveau économique".

L'énigme autour de Hu commence avec sa naissance, dont le lieu varie selon les biographes. A partir de 1968, il est envoyé dans la province pauvre du Gansu, dans le nord-ouest, où il travaille d'abord comme technicien à la réalisation d'un barrage, puis en tant que secrétaire du Comité de construction provincial. En 1982, il exerce des fonctions dans la Ligue de la jeunesse communiste au niveau national, avant de devenir à 43 ans au Guizhou le plus jeune secrétaire du parti au niveau provincial.

"Un bon camarade"

Fin 1988, Hu Jintao prend la tête du parti au Tibet, où il agira avec une main de fer pour mater une révolte en mars 1989, mettant fin à une décennie d'ouverture politique lancée notamment par l'ancien secrétaire du parti Hu Yaobang. En 1992, il se retrouve propulsé dans le club très fermé des sept membres permanents du Bureau politique, sur simple décision de Deng Xiaoping. "C'est un bon camarade", aurait dit le vieux patriarche.

Depuis 1993, Hu est également directeur de l'Ecole centrale du parti, lieu de passage obligé de tous les hauts cadres de l'appareil. La mort de Deng en février 1997 ne freine pas son ascension. En 1998, il devient vice-président du pays, puis en 1999, vice-président de la puissante Commission militaire centrale.

(Photo d'ouverture : Hu Jintao)

  • Hu Jintao en France : une visite bien bornée

    Nicolas Sarkozy accueille Hu Jintao à partir de jeudi. Visite au cours de laquelle il tentera d'obtenir son soutien pour sa présidence du G20, plusieurs contrats seront signés mais il est moins sûr que soit évoqué le sort du prix Nobel de la paix.

    Publié le 03/11/2010 Hu Jintao en France : une visite bien bornée
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Par AFP le 15 novembre 2002 à 00:00
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