Une marche modèle contre la guerre

Par afp, le 10 novembre 2002 à 15h52 , mis à jour le 08 novembre 2002 à 15h58

Malgré son affluence inédite, entre 500.000 en un million de personnes, la marche pacifiste de Florence s'est déroulée dans le calme. Un bon point pour les mouvements antimondialisation, souvent accusés de flirter avec la violence.

Manifestation pacifiste Florence Forum social © INTERNE

Le mouvement antimondialisation, accusé de flirter avec la violence, a marqué un point samedi à Florence, en réussissant à manifester en grand nombre et sans incident contre la guerre. Les autorités locales, d'abord effrayées à l'idée ce cette marche, se sont déclarées très satisfaites de son déroulement.

"Tout le monde a gagné"

"Cela a été une belle journée et jusqu'à présent tout s'est bien passé", a commenté en fin d'après-midi le maire de Florence, Leonardo Domenici, à une télévision italienne. "Les organisateurs, les jeunes venus de toute l'Europe, les Florentins, tout le monde a gagné", a-t-il ajouté. "Il faut rendre justice à ce mouvement et aux autorités qui les ont accueillis. Il faut saluer aussi les Florentins qui n'ont pas cédé à la peur", a déclaré pour sa part Claudio Martini, le président de la Région Toscane. Les deux élus sont membres des Démocrates de gauche (DS, opposition à Silvio Berlusconi) et ils avaient été accusés du pire pour avoir ouvert la ville aux "no global".

"J'aimerais qu'on relise tout ce qui a été écrit ces dernières semaines et qu'on demande pardon", a ajouté Claudio Martini, en remerciant les commerçants qui ont eu le courage de rester ouverts et en estimant que c'était un grand jour pour la démocratie. "Je vois des signes positifs pour le dialogue entre le mouvement et les institutions", a-t-il dit.

Berlusconi satisfait

Entre 450.000 et un million de personnes ont défilé contre une intervention armée en Irak dans la cité d'art, hôte du premier Forum social européen. "Non à la guerre", proclamait une grande banderole installée en tête du cortège qui est arrivé peu après 15 h au stade de la ville après un parcours de plus de cinq kilomètres à l'écart du centre historique de la capitale toscane. Le slogan était repris dans toutes les langues au sein de la manifestation dont la queue a mis plus de trois heures pour quitté la forteresse de Basso, le lieu du rassemblement.

Les grandes manifestations antimondialisation organisées durant le G8 de Gênes (nord) en juillet 2001 avaient dégénéré. Il y avait eu de la casse et un mort parmi les manifestants dans des heurts avec les forces de l'ordre. Un an plus tard, la manifestation anniversaire de Gênes s'était déroulée sans le moindre incident. Le gouvernement de Silvio Berlusconi aurait néanmoins préféré que Florence, ville berceau de la Renaissance, n'accueille pas le Forum social et ses manifestants par peur des dégradations. Samedi soir, Berlusconi a salué le déroulement pacifique de la marche.

Filtrage aux frontières

Le ministre italien de l'Intérieur Giuseppe Pisanu a précisé que deux mille personnes représentant une menace potentielle avaient été bloquées aux frontières. "Tout le mérite de la réussite du Forum social européen de Florence revient à tous ceux qui se sont employés au déroulement pacifique de la manifestation: participants, forces de l'ordre, organisateurs et autorités locales", a souligné M. Pisanu.  Ces contrôles "ont permis d'éviter l'entrée en Italie de groupes et d'individus dangereux", a-t-il affirmé. "Un important dispositif de sécurité a opéré avec discrétion à Florence afin de décourager toute activité pouvant causer des dommages aux manifestants et à la cité".

Par afp le 10 novembre 2002 à 15:52
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