Ahmed Tibi pourra se présenter à la Knesset

Par A.G & L.V., le 09 janvier 2003 à 10h24 , mis à jour le 09 janvier 2003 à 10h47

La Cour suprême israélienne a autorisé jeudi deux députés arabes sortants, dont Ahmad Tibi, à se présenter aux législatives du 28 janvier, annulant ainsi l'interdiction prononcée par la commission centrale des élections.

Photo : Luke FRAZZA (AFP) © INTERNE

Revenant sur la décision prise fin décembre par la commission centrale des élection, les 11 juges de la plus haute instance judiciaire israélienne ont finalement autorisé le député arabe sortant Ahmad Tibi à se présenter aux prochaines élections législatives. Ahmed Tibi s'était vu interdit d'élections par la commission en raison du soutien apporté "à des organisations terroristes qui commettent des attentats anti-israéliens". Pourtant, encore dans une interview accordée à tf1.fr le 8 novembre dernier, il appelait de ses vœux un "partenariat civique" entre les Arabes d'Israël et les Juifs. Sa mise sur la sellette d'Ahmed Tibi revêtait surtout un aspect de symbole politique, en raison du contexte politique et de son cursus personnel. "C'est un jour sombre pour la démocratie et une gifle donnée à la minorité arabe d'Israël et à tous ceux qui s'efforcent de bâtir une relation différente entre la majorité juive et la minorité arabe" avait-il alors déclaré avant de faire appel devant la cour suprême et d'obtenir, aujourd'hui, gain de cause.

Courroie de transmission

Ancien conseiller personnel de Yasser Arafat pour les affaires israéliennes, ce gynécologue de 44 ans né en Israël était dans la Knesset sortante l'unique député du "Mouvement arabe pour le changement". Lorsqu'il officiait dans l'entourage du président palestinien, il était l'un des contacts privilégiés permettant au gouvernement d'Israël et à l'OLP de communiquer, après l'instauration des accords d'Oslo. Lors des pourparlers de Wye River, en octobre 1998, il était même apparu comme l'un des porte-parole du dirigeant palestinien, engagé dans de difficiles négociations avec le Premier ministre d'alors, Benyamin Netanyahou. Depuis le début de l'Intifada al-Aqsa, il n'a cessé de condamner la militarisation de l'insurrection, estimant que la protestation palestinienne devait prendre des formes non-violentes.

Sont également  autorisé à se présenter le député arabe Azmi Bichara et un activiste d'extrême-droite, Baruch Marzel. La Cour suprême a, en revanche, confirmé l'interdiction faite au ministre de la Défense, Shaoul Mofaz, de se présenter sur la liste du Likoud, le parti du Premier ministre Ariel Sharon. La commission centrale des élections avait interdit à M. Mofaz de se présenter en arguant que le délai minimum de six mois requis par la loi pour un officier supérieur ayant pris sa retraite avant de pouvoir être candidat à des  élections, n'avait pas été respecté.

 

Par A.G & L.V. le 09 janvier 2003 à 10:24
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