© INTERNETout comme de nombreux romans d'espionnage, "l'affaire Regan" a démarré dans un aéroport : celui de Washington-Dulles. Surveillé par le FBI, cet employé d'une agence militaire de renseignement, était en partance pour Zurich avec des images confidentielles prises par les satellites américains, de lance-missiles irakiens, chinois, et les coordonnées de représentations diplomatiques irakiennes, chinoises et libyennes en Suisse, en Autriche, et en France.
Quelques semaines d'enquête plus tard, et pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, cette affaire d'espionnage risque d'envoyer un citoyen américain dans le couloir des condamnés à mort. Brian Regan est en effet accusé d'avoir proposé des informations confidentielles à l'Irak, à la Libye et à la Chine. Outre-Atlantique, l'émotion est grande car depuis l'affaire très controversée des époux Rosenberg (reconnus coupables d'avoir livré des documents atomiques secrets à l'Union soviétique et exécutés en 1953) les juges fédéraux n'ont pas eu à traiter un dossier aussi délicat.
"La trahison pour 13 millions de dollars"
En temps normal, les avocats de Brian Regan, auraient peut être pu tenter d'éviter un procès. Hélas pour celui-ci, en pleine crise irakienne, le présumé espion a contre lui une large portion de l'opinion publique, qui perçoit le pays de Saddam Hussein comme "l'état voyou" numéro un. Circonstances aggravantes l'apprenti James Bond aurait également proposé ses services à la Chine, et à la Libye. La plaidoirie sera difficile, et les défenseurs de Brian Regan auront du mal à expliquer aux jurés, qu'un agent qui "propose à Saddam Hussein de lui livrer des informations ultra secrètes, pour 13 millions de dollars", n'est rien d'autre qu'un vulgaire malfrat, guidé par l'appât du gain.
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Au delà de la preuve de l'acte avéré, prouvé par une lettre dans l'ordinateur du prévenu, le principal argument du procureur pourrait porter sur la nature même des informations divulguées, qui concerneraient des satellites US. Celles-ci auraient, selon le ministère de la justice, permis à l'Irak de "dissimuler des armes de destruction massive", missiles et autres cargaisons chimiques. Les mêmes messages de Brian Regan, auraient augmenté les risques pour les avions américains et britanniques, patrouillant les zones d'exclusion aérienne imposées par Washington et Londres, dans le nord et le sud irakien. Plus que les deniers de la trahison, avoir mis des pilotes américains, et alliés, "en danger de mort" pourrait bien faire pencher le jury vers une peine maximale. Brian Regan a donc toutes les raisons d'être inquiet, car en dernier recours, seul le président Bush pourrait lui accorder sa grâce, or lundi, ce dernier s'est déclaré favorable à la peine capitale. Selon George Bush, "la peine de mort est un moyen de dissuasion efficace contre le crime".
Photos 1 : European Space Agency (ESA) Satellite / Photos 2 : LCI . avion US F16
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