© INTERNEL’expression fera certainement date. Jeudi soir, le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a gentiment conseillé à Donald Rumsfeld de se calmer, tournant à la dérision les propos prononcés plus tôt par le secrétaire d'Etat américain à la Défense dans lesquels il qualifiait la France et l'Allemagne de "vieille Europe". Et de lui lancer en anglais : "Cool down (calme-toi). Nous sommes bons amis. Le seul différend est au sujet de l'Irak", lors de son arrivée à Istanbul, au début d'une tournée de quatre jours au Proche-Orient consacrée à la crise irakienne.
Depuis deux jours, les petites phrases sont ainsi allées bon train de part et d'autre de l'Atlantique, faisant monter la pression au sujet d'un éventuel conflit en Irak. Tout a commencé mercredi, à l'occasion du 40ème anniversaire du traité de l'Elysée, lorsque Gerhard Schroeder et Jacques Chirac ont rappelé que l'Allemagne et la France oeuvraient ensemble pour tenter "jusqu'au bout" de faire prévaloir "une solution pacifique et négociée aux conflits". L'opposition affirmée de Berlin et Paris à une guerre dans l'immédiat contre l'Irak avait conduit M. Rumsfeld à les qualifier de "vieille Europe", en affirmant que le centre de gravité de l'Europe passait à l'Est, allusion aux sept pays d'Europe centrale et orientale qui viennent d'adhérer à l'Otan et qui sont généralement pro-américains.
L'Allemagne et la France ont réitéré jeudi à Berlin leur opposition à une guerre décidée de manière unilatérale par les Etats-Unis, le chancelier Gerhard Schroeder répétant qu'il ne pouvait approuver "une légitimation de la guerre". Washington n'a pas semblé attacher trop d'importance à cette opposition réitérée. Après la fureur provoquée par les propos du secrétaire à la Défense, le porte-parole de la Maison Blanche a tenu à préciser jeudi soir que la France restait une alliée des Etats-Unis, évoquant même la possibilité qu'elle ne participe pas à une coalition pour désarmer l'Irak par la force. Ari Fleischer a également affirmé que les tensions actuelles entre Washington, Paris et Berlin n'auraient "aucune" conséquence, et le secrétaire d'Etat Colin Powell est allé dans le même sens, se disant confiant que les divergences entre Washington et les deux capitales européennes pourraient être résolues dans les jours à venir.
Les réticences des opinions publiques |
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