© INTERNETirer les enseignements de la flambée de fièvre qui a saisi l'électorat israélien, c'est rappeler que rien n'arrête une population obsédée par sa sécurité. Ainsi, le 21 avril 2002, les Français ont-ils placé en tête du premier tour de l'élection présidentielle les deux grands candidats de la droite sécuritaire. Et le 28 janvier 2003, les Israéliens ont non seulement renouvelé leur confiance au Premier ministre sortant Ariel Sharon, mais également délaissé les partis qui auraient ouvert une fenêtre de la maison Israël, pour laisser s'engouffrer le vent d'une entente rapide avec les Palestiniens.
Si le Likoud a repeint la Knesset à ses couleurs, c'est que les Israéliens n'ont plus confiance en leurs voisins arabes. Les sondages ont pourtant montré que la majorité d'entre eux sont favorables à la création d'un Etat palestinien. Mais ils ne sont pas encore prêts à confier celui-ci à l'Autorité autonome qui leur a fait si mal. Au grand dam d'Amram Mitzna et des travaillistes, d'ailleurs. Au fond, Mitzna n'a peut-être pas si tort de croire que la victoire, ce sera pour la prochaine fois, après que Sharon aura fait plier les Palestiniens partisans de la violence. Et surtout le premier d'entre eux, leur président Yasser Arafat, aujourd'hui détesté autant par les travaillistes que par les Likoudnik.
Chercher le muscle
A bon droit ou non, les Français, échaudés par leur propre vulnérabilité face aux agressions ou au terrorisme, ont donné le pouvoir aux forces politiques qui leur promettaient du muscle. C'est ainsi que le président sortant Jacques Chirac, même grêlé par les "affaires", s'est vu réélire à la tête de la République française, talonné par le rhéteur ultra-nationaliste Jean-Marie Le Pen.
Et, prenant leur suite, les Israéliens, épuisés par les agressions continuelles des terroristes palestiniens, ont remis leur destin entre les mains d'un homme intransigeant avec la violence, talonné par le tribun ultra-libéral Tommy Lapid. Rappelons enfin que la réputation de général des commandos parachutistes d'Ariel Sharon rassure autant en Israël qu'elle épouvante à l'étranger. Et l'on comprendra pourquoi les scandales financiers qui l'ont éclaboussé et trempé ses deux fils Omri et Gilad n'ont pas plus fait douter les Israéliens que les affaires de la Mairie de Paris.
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