© INTERNEBien que l'Autorité palestinienne considère cette échéance électorale comme une "affaire intérieure" israélienne, les échos d'un changement politique en Israël ont toujours eu une incidence sur la scène palestinienne. Le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, "sait pertinemment que la réélection de Sharon aura des incidences sur la scène politique palestinienne, affirme Mamdouh Nawfal, un de ses proches collaborateurs. La réélection de M. Sharon rendra difficile la conclusion de la paix."
Tendance travailliste
En janvier, quelques jours après un double attentat suicide qui avait fait 23 morts à Tel Aviv, la direction palestinienne, visiblement consciente que les attentats coûtent des voix à la gauche israélienne, avait invité les groupes armés palestiniens à la "retenue" à l'approche des élections législatives. Elle avait aussi réaffirmé "son rejet de tous les actes de violence qui visent les civils palestiniens et israéliens". Son appel est toutefois restée lettre morte, les divers mouvements palestiniens continuant leurs attaques anti-israéliennes, malgré les efforts de l'Egypte, qui les a invités à se retrouver à partir la semaine du 20 janvier au Caire pour discuter d'une suspension des attentats.
Mais si les préférences de M. Arafat et de la direction palestinienne vont clairement aux travaillistes, la plupart des Palestiniens ne semblent pas penser qu'il y a une grande différence entre Sharon et Mitzna. Selon un sondage effectué début janvier dans les territoires par le Centre palestinien pour l'opinion publique, 48,9% des Palestiniens estiment ainsi qu'il n'y aurait pas de différence pour le processus de paix entre un gouvernement dirigé par M. Mitzna ou par M. Sharon. Seulement 16,8% pensent que leur situation pourrait s'améliorer si M. Mitzna était au pouvoir.
Le Hamas, belliqueux quoi qu'il arrive
Abdel Aziz Rantissi, l'un des principaux responsables du mouvement terroriste Hamas, est de cet avis, puisqu'il estime que les élections en Israël ne devraient "pas signifier grand chose pour les Palestiniens". "Il n'y a aucune différence entre un occupant et un occupant, la droite comme la gauche sont des occupants", ajoute-t-il.
Hanane Achraoui, membre modéré du Conseil législatif palestinien, le parlement de l'Autorité autonome, est d'un avis contraire. "Israël contrôle notre quotidien et il est inconcevable de dire que le changement politique en Israël n'aura aucune incidence sur nous, affirme-t-elle. Tout changement politique en Israël aura des incidences sur les Palestiniens et la réélection [de Sharon] signifie la poursuite de la destruction et des tueries, insiste-elle. Nous ne nous faisons pas d'illusion, nous savons pertinemment que le parti travailliste et la gauche ne constituent pas la solution idéale, mais ils sont prêts à reprendre le dialogue", fait-elle remarquer.
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