© TF1La France et l'Allemagne vont proposer à leurs partenaires européens une double présidence pour l'Union européenne élargie, une percée spectaculaire sur un sujet qui divisait profondément les deux pays. Le compromis répond aux préoccupations pourtant difficilement compatibles de Paris comme de Berlin, en suggérant que l'Europe se dote à la fois d'un président de la Commission élu par le Parlement européen et d'un président du Conseil élu par ses pairs.
Lors d'un dîner informel au Palais de l'Elysée mardi soir, où cette décision a été prise, le président français et le chancelier allemand se sont également entendus sur le principe d'une "double casquette" pour le futur responsable de la politique étrangère européenne. La personne qui incarnerait la voix de l'Europe sur la scène internationale serait ainsi "rattachée au Conseil" des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres mais disposerait également d'une "présence au sein de la Commission", a précisé M. Schroeder lors d'un point de presse.
"Un pas vers l'autre"
A propos de la présidence de la future Union élargie, "l'Allemagne et la France ont décidé de faire chacune un pas vers l'autre", a souligné M. Chirac. La France a accepté, comme le voulait l'Allemagne, que le président de la Commission soit élu par le Parlement européen. L'Allemagne a accepté, comme le souhaitait la France, que le Conseil soit présidé par un président élu par ses pairs à la majorité qualifiée, pour une période de cinq ans ou de deux ans et demi renouvelable.
"Cette contribution franco-allemande aux travaux de la Convention", qui planche sur l'avenir institutionnel de l'Europe élargie, sera présentée mercredi au président de la Convention, Valéry Giscard d'Estaing, et aux chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze et des dix pays entrants, a précisé le chef de l'Etat français.
Deux tendances satisfaites
Cette nouvelle initiative intervient une semaine avant les festivités du 40ème anniversaire du Traité de l'Elysée qui avait scellé l'amitié franco-allemande, les 22 et 23 janvier à Paris et Berlin. La France et l'Allemagne entendent alors relancer leur coopération, qui donnait ces dernières années de sérieux signes d'essoufflement, au travers d'une déclaration commune qui renforcera les liens entre les deux pays.
En répondant aux préoccupations fort divergentes des deux pays, le projet soumis à l'appréciation de la Convention satisfait aux deux tendances opposées dans l'UE. L'Allemagne, qui défend une évolution plus fédéraliste des institutions européenne, souhaitait avant tout renforcer le rôle de la Commission et du Parlement européen. La France voulait préserver le rôle décisionnel des chefs d'Etat et de gouvernement réunis au sein du Conseil.
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