"L'Irak n'a pas saisi sa dernière chance"

Par F.A., le 06 février 2003 à 09h35 , mis à jour le 06 février 2003 à 09h39

Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell s'est efforcé de convaincre le Conseil de sécurité de l'ONU que l'Irak refuse toujours de désarmer. Pour étayer ses affirmations, il a présenté des documents sonores et visuels.

powell onu © INTERNE

Cliquez ici pour découvrir notre diaporama sur l'intervention de Colin Powell

Comme on s'y attendait, c'est un véritable réquisitoire, intitulé "Echec au désarmement", auquel s'est livré Colin Powell mercredi devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Pendant environ 80 minutes, le secrétaire d'Etat américain a expliqué que l'Irak était "en violation patente de la résolution 1441" et soutenait le réseau terroriste Al Qaïda.

Pour étayer ses dires, il a présenté des documents sonores et visuels qui confirment selon lui ses affirmations. Ses conclusions : l'Irak n'a donc "pas saisi sa dernière chance" d'éviter une guerre et lui "laisser quelques mois ou quelques années de plus contrôler des armes de destruction massive n'est pas une option".

LES PRINCIPALES ACCUSATIONS

Tromper et empêcher le travail des inspecteurs

  • mise en place "au plus haut niveau, d'une politique d'esquive, d'entraves et de tromperie" pour  tenter de dissimuler des armes chimiques et de destruction massive :
  • destruction de documents sur les armes de destruction massive
  • dissimulation des armes chimiques dans l'industrie pétrochimique (Powell estime le stock d'agents chimiques de 100 à 500 tonnes)
  • menace de mort contre les scientifiques qui répondraient aux inspecteurs (accusation visant personnellement Saddam Hussein)
  • déplacement des armes biologiques dans dix-huit camions
  • espionnage des inspecteurs

Programme d'armement

  • modification des réservoirs de chasseurs-bombardiers Mirage pour disséminer des gaz ou des armes bactériologiques
  • utilisation de prisonniers condamnés à mort comme cobaye pour expérimenter des armes chimiques ou biologiques
  • programme de missiles longue portée
  • capacité de produire le virus de la variole et de l'utiliser comme une arme biologique
  •  volonté de se doter de l'arme nucléaire

Liens avec le terrorisme

  • association au terrorisme "depuis des décennies"
  • appui et soutien à Al Qaïda, une "connexion sinistre" selon Powell qui ajoute que, "deux douzaines de membres d'Al-Qaïda sont basés à Bagdad", dont Mohamed al Zarkaoui.

(Retrouvez en page 2, les principales preuves avancées par Washington)


(Suite de la page 1)

LES PRINCIPALES "PREUVES" PRESENTEES

- une conversation entre un général et un colonel de la garde républicaine irakienne où il est question d'un véhicule "modifié" à cacher aux inspecteurs.

- une conversation où un dirigeant demande à un subordonné de passer en revue différents bâtiments susceptibles d'abriter des armes interdites, de cacher ces armes et de détruire ensuite le message. "Nous avons tout évacué. Nous n'avons rien qui reste" répond le premier.


Une image d'un site militaire-

- des images satellitaires montrant des sites militaires et des bunkers à différentes périodes. Selon Colin Powell, elles prouvent que les Irakiens ont déménagé des armes avant l'inspection de ces installations.

- une vidéo prouvant que l'Irak a modifié des réservoirs de chasseurs-bombardiers Mirage pour disséminer des gaz ou des armes bactériologiques.

- une conversation entre un capitaine et un colonel où ce dernier parle d'"agents inervants".

- des images de matériels militaires qui contiendraient des armes chimiques et biologiques

- des photos d'avions drones qui pourraient être utilisés contre les pays voisins de l'Irak

(photo : Colin Powell lors de son intervention)

Par F.A. le 06 février 2003 à 09:35
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