© AFPVoilà une concession qui risque d'embarrasser le président ivoirien Laurent Gbagbo. Depuis dix jours, la population d'Abidjan est dans la rue pour dénoncer l'entrée dans le gouvernement de deux ministres sortis des rangs rebelles. Or, lundi, contre toute attente, le principal mouvement de rébellion, le MPCI, a assuré, selon l'agence Reuters, qu'il pourrait se contenter du seul portefeuille de ministre délégué à la Défense, et non d'un titre plein, afin de débloquer l'impasse dans laquelle se trouve le pays. Le MPCI renoncerait ainsi au maroquin de l'Intérieur.
Cette marque de bonne volonté met la pression sur le chef d'Etat ivoirien qui s'est une nouvelle fois vu rappeler à l'ordre par Paris dimanche soir. Depuis son retour au pays, Laurent Gbagbo est resté plutôt taiseux, quand ses partisans descendaient dans les rues de la capitale économique ivoirienne pour dénoncer les accord de Marcoussis. Pire, plusieurs de ses conseillers ont rejeté l'hypothèse d'un gouvernement d'union ouvert aux rebelles et ont appelé à la renégociation des accords de réconciliation signés à Marcoussis le 24 janvier dernier. Là encore, Laurent Gbagbo est resté muet.
Quoiqu'il en soit, le portefeuille de la Défense est présenté comme le principal point de désaccord. Il n'est donc pas certain que l'annonce du MPCI suffise à calmer les esprits. Lundi, la rue s'est une nouvelle fois mobilisée à Abidjan, avec un sit-in organisé par des "femmes patriotes" devant l'ambassade de France, brocardée pour "avoir trahi" les Ivoiriens en imposant les accords de Marcoussis.
(Photo AFP : le chef du MPCI, Guillaume Soro)
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