La Turquie marchande ferme avec les Etats-Unis

Par S.L., le 20 février 2003 à 22h35 , mis à jour le 20 février 2003 à 09h45

La Turquie essaie de faire monter les enchères à propos des aides financières que lui proposent les Etats-Unis en échange de son accord d'accueillir les troupes américaines sur son territoire.

Le désaccord persiste à l''Otan sur l''aide à la Turquie © Manreo

Face à l'empressement des Etats-Unis, la Turquie joue la nonchalance. Malgré les 24 milliards de dollars d'aides financières en guise de dédommagements que lui a proposé Washington mercredi, la Turquie ne semble pas pressée de faire voter à ses députés une autorisation de présence des troupes américaines sur son territoire. Le gouvernement turc a indiqué que le "cadre pour l'accord que nous recherchons n'a pas été établi" et "qu'aucune décision concernant la demande (américaine) n'a été prise".

A propos des 24 milliards d'aides américaines, Recep Tayyip Erdogan, chef du parti de la justice et de développement, a déclaré que son pays n'était pas satisfait que l'octroi de cette aide soit conditionné à l'aval du Congrès américain qui pourrait prendre quelques semaines. Une lenteur qui ne peur qu'exaspérer les Etats-Unis qui ont besoin de l'aval de la Turquie pour installer des dizaines de milliers de soldats américains sur son territoire. La Turquie est en effet le seul membre de l'Otan à partager une frontière avec l'Irak. Et les experts militaires estiment qu'une attaque par le seul front sud au Koweit augmenterait les risques d'un conflit long et lourd en pertes humaines.

Pas de rallonge...

Ankara profite de sa position stratégique pour marchander ferme son appui. Elle estime à plus de 40 milliards de dollars son manque à gagner depuis la guerre du Golfe en 1991, en raison notamment des sanctions commerciales imposées à l'Irak.

Mais le porte-parole de la Maison blanche, Ari Fleischer a laissé entendre que l'offre financière américaine ne serait pas réévaluée. Le secrétaire à la Défense américain Donald Rumsfeld s'est quant à lui déclaré convaincu mercredi que la Turquie, pays ami des Etats-Unis, "en viendrait à coopérer d'une manière ou d'une autre" en cas de guerre contre l'Irak.

La Turquie a en revanche obtenu mercredi de l'Otan le déploiement de moyens de protection miliatire dans l'éventualité d'une guerre en Irak.

Londres appelle ses citoyens à quitter l'Irak "immédiatement"

Les Britanniques doivent quitter l'Irak "immédiatement" en raison "de la tension croissante dans la région et du risque d'action terroriste", a affirmé mercredi le ministère britannique des Affaires étrangères. Il a également conseillé également aux Britanniques de ne pas se rendre au Koweit, en Israël et dans les territoires palestiniens pour tout "voyage non essentiel dont des vacances". Dans le cas du Koweit, Londres a "ordonné" aux familles des personnels de quitter le pays. "Si vous envisagez de vous rendre en Irak, vous devez savoir que des citoyens britanniques ont été utilisés comme otages pendant la crise de 1990-91 par le régime irakien, détenus dans des lieux où leur sécurité était à haut risque", a ajouté le Foreign Office.

Par S.L. le 20 février 2003 à 22:35
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience