© INTERNEDepuis le début des années 90, le son grave et envoutant du Didgeridoo, venu des forêts australiennes, a débarqué sous d'autres cieux, des feux de camps aux rassemblements post-hippies, jusqu'à la chambre du petit dernier. L'énorme engouement pour ce long tube en bois, peint ou non, instrument traditionnel des Aborigènes, est en train de chambouler tout le processus de fabrication.
Peu de touristes se rendant en Australie peuvent concevoir de repartir sans "leur" Didgeridoo. Sans compter les magasins de musique du monde entier qui proposent l'instrument, à côté des Bongos et tablas. La fabrication artisanale ne permet pas de répondre à une telle demande.
Le site de la BBC qui a consacré cette semaine un article à ce phénomène s'attarde sur la communauté de Manyallaluk, où la fabrication et l'utilisation du Didgeridoo "est une forme d'art aussi vieille que les collines". Et de décrire la minutie du travail de "Long john", maitre ès Didgeridoo, qui fabrique une trentaine d'instruments par an. Chacun se vendra aux alentours de 200 Euros.
Braconniers et processus mécanisé
Au final, sur les 10 000 tubes qui partent chaque année de cette région d'Australie à destination du monde entier, moins de la moitié sont fabriqués dans les règles de l'art. Les autres sont l'œuvre de braconniers et d'un processus mécanisé, à moindre coût. Un marchand d'art a affirmé à la BBC que "90% des Didgeridoo étaient désormais fabriqués par des blancs".
Le contrôle de la chaine de production échappe donc totalement aux Aborigènes et les privera à terme des revenus liés à la vente. Certains Australiens plaident pour la création d'un label, une sorte d'appellation contrôlée "Didgeridoo fabriqué et peint par les Aborigènes". Mais les touristes seront-ils prêts à en payer le prix, au sens propre ?
(Photo AFP)
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