© INTERNELes armes parlent au Moyen-Orient, mais à New York les diplomates travaillent encore. Car pendant que les troupes de la coalition américano-britannique pénétraient jeudi soir en territoire irakien, les Etats-Unis formulaient officiellement à l'ONU les buts de la guerre en Irak. Paralèllement, vendredi, la Russie a révélé qu'elle allait "poser la question" de la légalité du conflit auprès des services juridiques de l'ONU. Samedi encore, par la voix du ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, Moscou a annoncé qu'elle s'opposerait à la légitimation par l'Onu de l'opération militaire en Irak, et qu'en même temps elle chercherait à défendre ses intérêts économiques, autrement dit ses anciens contrats pétroliers conclus avec Bagdad.
Par ailleurs, via une lettre adressée au Conseil de sécurité, l'ambassadeur américain à l'ONU John Negroponte a exposé les motifs de leur offensive, sans toutefois mentionner le changement du régime de Saddam Hussein. "Le gouvernement irakien, explique son texte, a décidé de ne pas saisir la dernière opportunité prévue par la résolution 1441 et a commis, de toute évidence, des violations supplémentaires". Arguant que la résolution 687 de l'après première Guerre du Golfe énonçait les conditions sine qua non d'un cessez-le-feu, John Negroponte affirme donc qu'une transgressions de ces conditions "retirait au cessez-le-feu sa justification et autorisait l'usage de la force".
Les ambassadeurs des deux alliés militaires des Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie, ont quant à eux informé les quinze membres du Conseil par une lettre au contenu similaire.
Moscou sur le terrain juridique
Puis, vendredi, devant la chambre basse du parlement, le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov a révélé que, s'agissant de la légalité de l'opération "Liberté en Irak", la Russie allait poser "avec d'autres Etats cette question devant les services juridiques de l'ONU". "Ce n'est que dans ces conditions que [nos arguments] deviendront une arme forte dans nos mains", a-t-il développé.
"Si le Conseil de sécurité qualifie l'action des Etats-Unis d'agression, alors des mesures correspondantes seront prises", a-t-il dit, tout en se refusant de qualifier lui-même l'intervention "d'agression", estimant que seul le Conseil de sécurité pouvait franchir ce pas. Igor Ivanov a enfin estimé que l'affirmation de l'existence d'une coalition de pays favorables à la guerre contre l'Irak était "une invention", brandie par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne "pour convaincre du bien-fondé de leurs actes et se substituer à la volonté de la communauté internationale".
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