Irak : le 17 mars comme ultimatum

Par F.A., le 07 mars 2003 à 19h41 , mis à jour le 08 mars 2003 à 14h45

Présenté vendredi soir pour être soumis au vote en début de semaine prochaine, le projet de nouvelle résolution anglo-américaine donne à Saddam Hussein jusqu'au 17 mars pour désarmer sous peine d'"action militaire". La France s'y oppose fermement.

prétexte irak soldat us © INTERNE

Pour la première fois depuis le début de la nouvelle crise irakienne à l'automne dernier, un ultimatum est désormais clairement fixé par les Etats-Unis, appuyés par l'Angleterre et l'Espagne, à Saddam Hussein pour désarmer : il s'agit du 17 mars prochain. Les trois pays devraient soumettre leur projet au vote du Conseil de sécurité la semaine prochaine, probablement lundi ou mardi.

Distribué aux Nations Unies vendredi soir après le rapport des inspecteurs, le texte amendé de la nouvelle résolution déclare que l'Irak "aura échoué à saisir sa dernière possibilité" de désarmer pacifiquement "à moins que d'ici au 17 mars le Conseil conclue que l'Irak a démontré une coopération entière, sans condition, immédiate et active". S'il ne fixait pas aussi explicitement de date-butoir, le projet initial de résolution, présenté le 24 février, était plus catégorique, puisqu'il affirmait que Bagdad n'avait "pas saisi la dernière possibilité qui lui était offerte par la résolution 1441" de désarmer.

Pas de majorité pour la résolution

Comme on pouvait s'y attendre, ce projet a été vivement critiqué par plusieurs pays membres du Conseil de sécurité, notamment la France et la Russie qui disposent d'un droit de veto. Dominique de Villepin, le ministre français des Affaires étrangères, a ainsi souligné que Paris ne pouvait "accepter un ultimatum dès lors que les inspecteurs (de l'Onu) font état de progrès dans la coopération irakienne".

D'intenses tractations diplomatiques vont désormais avoir lieu en coulisses jusqu'au vote. Pour être validé, le texte doit obtenir une majorité de neuf voix sur les quinze pays que compte le Conseil de sécurité, sans qu'un membre permanent -Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France- n'oppose son veto. En l'état actuel de la situation, il n'a aucune chance d'être adopté (voir encadré). La Maison Blanche et ses alliés ont déjà néanmoins fait savoir qu'ils se passeraient de l'aval de l'ONU pour déclencher une offensive. "Si l'Irak n'applique pas les résolutions, il y aura une action militaire" prévient l'ambassadeur britannique à l'ONU.

      Au Conseil de sécurité

Vendredi soir, les membres du Conseil se répartissaient ainsi. En gras, les membres permanents :

Pour une nouvelle résolution

  • Etats-Unis
  • Grande-Bretagne
  • Bulgarie
  • Espagne

Pour la poursuite des inspections

  • France
  • Russie
  • Chine
  • Allemagne
  • Angola
  • Cameroun
  • Chili
  • Guinée (président en mars)
  • Mexique
  • Pakistan
  • Syrie

Par F.A. le 07 mars 2003 à 19:41
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