Petites contrariétés pour Washington

Par A.G., le 03 mars 2003 à 08h07 , mis à jour le 03 mars 2003 à 22h40

Bagdad se met soudain à coopérer, les élus turcs ferment la porte au nez des GI et les Arabes ne veulent pas entendre parler de guerre. Le week-end a réservé quelques mauvaises nouvelles pour George W. Bush.

usa george w. bush élections tribune et drapeau américain © INTERNE

Premier revers, à Bagdad. Le régime de Saddam Hussein a accéléré dimanche son désarmement, commencé modestement samedi 1er mars, date butoir fixée par les inspecteurs de l'Onu. De nouvelles recherches ont ainsi permis de découvrir des éléments sur d'importantes quantités de bacilles du charbon (anthrax) et de gaz neurotoxiques VX sur lesquelles l'Onu demandait des éclaircissements. Le conseiller présidentiel pour le désarmement, le général Amer al-Saadi, a indiqué que des débris de bombes, auparavant remplies notamment d'anthrax et  détruites en 1991 unilatéralement par l'Irak, avaient été retrouvés. Des traces de la destruction de 1,5 tonnes de VX ont été également été découvertes sur un site distinct. De plus, six missiles Al-Samoud 2 ont été détruits dimanche sous la supervision de l'Onu, portant à dix le total de missiles détruits en deux jours, a affirmé le conseiller présidentiel irakien.

Deuxième revers, en Turquie. Le parlement turc a refusé samedi, à une courte majorité, d'autoriser le déploiement massif sur son territoire de 62.000 soldats américains. Une décision suivie dimanche de l'annonce que le gouvernement d'Ankara ne présentera pas dans l'immédiat une seconde motion au parlement pour sortir de l'impasse. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a assuré dimanche au téléphone le Premier ministre turc Abdullah Gul que "les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, deux Etats amis, étaient solides", a souligné un communiqué des services du Premier ministre.

Troisème revers, à Charm el-Cheikh, en Egypte.  Les chefs d'Etat arabes réunis en sommet ont proclamé leur "refus ferme d'une frappe contre l'Irak et de toute menace contre la sécurité et l'intégrité territoriale de tout pays arabe, et la nécessité de régler la crise irakienne pacifiquement". Le communiqué lu par le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, dénonce par ailleurs "les tentatives visant à imposer des changements dans la région", et réclame que soit donné "plus de temps aux inspecteurs en Irak pour achever leur mission" (notre lien).

Les Etats-Unis déploient leurs grandes oreilles

Selon l'hebdomadaire dominical britannique The Observer, les Etats-Unis se livrent à une campagne "agressive" d'écoutes téléphoniques dans le cadre de leurs efforts pour rallier les indécis avant le vote sur une deuxième résolution concernant l'Irak. Cette opération, menée par l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA), consiste notamment à placer sur écoutes téléphoniques les délégués onusiens, chez eux et à leur bureau à New York, et à intercepter leurs courriers électroniques. Cette surveillance renforcée vise plus particulièrement les délégations des six pays du Conseil de sécurité considérés comme "indécis" sur l'Irak : Angola, Cameroun, Chili, Mexique, Guinée et Pakistan... L'objectif de cette opération est d'obtenir "toute la gamme des informations  susceptibles de donner aux décideurs américains un atout supplémentaire pour obtenir des résultats favorables aux objectifs américains et pour écarter toute surprise", selon un mémo daté du 31 janvier.

Par A.G. le 03 mars 2003 à 08:07
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