Les réalités de la guerre

Par PE avec AFP, le 23 mars 2003 à 17h17 , mis à jour le 24 mars 2003 à 21h54

Entre les images de prisonniers américains et de cadavres mutilés présentées par la télévision irakienne et la photo d'un soldat irakien décapité drapeau blanc à la main, un tournant du conflit s'amorce dans la couverture médiatique.

soldat US feu Irak © INTERNE

Les images de la télévision irakienne relayées dimanche par Al Jazira vont inévitablement frapper l'opinion américaine et internationale. Elles montrent cinq prisonniers américains, dont une femme, déclinant leur identité ainsi que des image de cadavres présentés comme étant ceux de soldats américains. Ces images auraient été tournées à Nassiriyah. Elles font écho à celles de cadavres décapités, de blessés ensanglantés, d'enfants brûlés et terrorisés, qui ont pris le relais, ce week-end, des images spectaculaires mais quelque peu irréelles de Bagdad noyé sous le déluge de feu qui ont dominé les premiers jours du conflit.

Une photo montrant deux militaires britanniques penchés sur deux soldats irakiens décapités dans une tranchée, dont l'un avec un drapeau blanc à la main, a fait le tour d'Europe, de Berlin à Madrid, en passant par Paris. "Le drapeau blanc à leurs côtés semble avoir été brandi trop tard", commentait de façon lapidaire le Sunday Telegraph cette image terrible, publiée par la plupart des journaux dominicaux britanniques.

"My God! Il y a des morts!"

A Paris, un journal faisait pour la première fois sa une sur "Les ravages de la guerre en Irak". L'hebdomadaire Le Journal du Dimanche commentait ainsi la photo d'une femme, visage tordu de douleur, tenant dans ses bras son enfant, tous deux blessés par l'obus qui a détruit leur maison. "Tous les efforts -réels ou de communication- n'y peuvent rien: la guerre tue", résumait le JDD alors que Le Monde a publié dans son édition datée de dimanche une photo de soldats américains penchés sur un civil irakien mort, à côté d'une fillette blessée et de femmes désespérées. Il l'illustrait par cette exclamation étonnante de Marines cités par le photograhe: "My God! Il y a des morts!"

Au delà de l'impact que risquent d'avoir sur l'opinion ces images de victimes civiles de la guerre, tuées ou blessées, souvent des enfants brûlés au visage lors d'un raid aérien sur Bagdad, les journaux mettaient en avant la censure imposée sur le "facteur humain" dans les médias aux Etats-Unis. Stockholm, le journal Expressen de dimanche soulignait que "les Américains n'ont pas le droit de voir à la télévision les horribles images d'enfants morts à la tête éclatée". Pour le journal catalan El Periodico, c'est "une guerre où les morts irakiens sont silencieux, même niés".

A Madrid, le journal libéral El Mundo, d'ordinaire proche du gouvernement mais engagé contre la guerre, soulignait en énumérant le bilan des victimes: "ce qui est important, n'est pas ce qu'on voit, ni même ce qu'on imagine, mais ce que l'on ne peut ni voir ni imaginer".

Des journaux donnaient aussi une image plus humaine du conflit, comme le grec Ethnos (gauche), avec l'image de soldats américains donnant à boire à un soldat irakien souffrant qui s'était rendu.

 

(Photo AFP)

Par PE avec AFP le 23 mars 2003 à 17:17
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience