© INTERNELe Conseil Législatif Palestinien a voté mardi soir l'investiture de Mahmoud Abbas (de son nom de guerre Abou Mazen) au poste de Premier ministre de l'Autorité palestinienne par 51 voix pour, 18 contre et trois abstentions, selon les résultats officiels. Au 31ème mois de l'Intifada, ce vote ouvre la voie à la relance d'un processus de règlement politique du conflit israélo-palestinien.
Au cours de son discours d'investiture, mardi matin, et alors que Yasser Arafat venait d'appeler les députés palestiniens à voter la confiance au nouveau gouvernement "conduit par mon frère et vieil ami", Mahmoud Abbas, numéro deux de l'OLP mais farouche opposant à l’Intifada, a solennellement appelé les Palestiniens à la fin de la lutte armée. Comme il s’y était déjà engagé auprès de diplomates européens, le Premier ministre palestinien désigné a axé son discours sur des promesses de lutte contre la corruption dans les territoires palestiniens et contre le "chaos armé" – un terme visant directement les mouvements extrémistes palestiniens.
"Pas de paix imposée"
A la tribune du Conseil Législatif Palestinien, Mahmoud Abbas a annoncé qu'il ne tolérerait pas, dans l'avenir, un "langage de la provocation" de la part des factions palestiniennes – répondant ainsi aux demandes d’Israël, qui a toujours réclamé non seulement un arrêt des violences du côté palestinien mais aussi que cessent les "incitations à la violence". Il s'est également engagé à saisir les armes illégales dans les territoires palestiniens, autorisant uniquement les armes aux mains des forces de sécurité. "Il n'y a pas de place pour les armes ailleurs que dans les mains du gouvernement. Il n'y a qu'une autorité", a-t-il affirmé.
"Nous rejetons le terrorisme d'où qu'il émane et sous toutes ses formes", a déclaré Mahmoud Abbas, qui a affirmé "tendre la main de la négociation" à Israël. Mais à côté de ces appels à cesser la lutte armée et ces menaces de mise au pas à l’adresse des mouvements extrémistes palestiniens, le Premier ministre palestinien a aussi appelé les Israéliens à choisir "entre la colonisation et la paix". Il a averti Israël que son gouvernement refuserait tout changement de la "feuille de route", que George W. Bush s'est engagé à publier dès l'investiture de Mahmoud Abbas par le Conseil Législatif Palestinien. Il a proclamé qu'une "paix ne peut être que négociée", et non imposée par la force. Et il a réaffirmé que les Palestiniens ne transigeront pas "sur leur droit à l'autodétermination" et sur la création d'un Etat palestinien indépendant s'étendant sur les territoires conquis par Israël en 1967 et avec Jérusalem pour capitale.
Photo d’ouverture : Mahmoud Abbas, dit Abou Mazen, lors du vote du Conseil Législatif Palestinien - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...




