Droit au retour : le point de vue palestinien

Par Léonard VINCENT, le 28 mai 2003 à 16h20 , mis à jour le 28 mai 2003 à 18h30

De l'OLP à l'Autorité palestinienne, les positions de la direction des Arabes de Palestine s'articulent autour d'un axe : elle ne peut renoncer à un thème central de son histoire récente. Reste que des adaptations semblent inévitables.

Photo : Awad AWAD (AFP) © INTERNE

Pour les Palestiniens, obtenir un Etat sans que soit traitée la question de la "Nakba", cette "Catastrophe" de l'exil qui fait le cœur de leur tragique mythologie nationale, est impensable, 3,7 millions des leurs vivant dans des camps disséminés dans tout le Proche-Orient.

L'Autorité palestinienne continue ainsi d'exiger l'application d'un droit des déplacés à regagner leurs foyers, exigence qui a toujours été un mot d'ordre central de l'OLP. Dans une lettre au président américain Bill Clinton en janvier 2002, Yasser Arafat formulait sa position de manière ferme, mais un rien ambiguë : "Les Palestiniens doivent se voir offrir le droit de choisir leur lieu de vie, y compris les maisons dont ils ont été chassés. Reconnaître le droit de retour et rendre possible la liberté de choisir des réfugiés est un préalable pour la fin du conflit."

Quelques concessions

Une immigration théoriquement sans limite que, d'Oslo à Taba, les négociateurs palestiniens ont toutefois assorti d'une concession : ce retour pourrait être étalé dans le temps. Si l'ancien ministre des Affaires étrangères et négociateur israélien Shlomo Ben Ami et son partenaire Yossi Beilin divergent sur les chiffres proposés par les Palestiniens, il semble qu'il se serait agi du retour d'un million de personnes ou un peu plus, sur dix ans, en priorité en provenance du Liban.

Mercredi dernier, dans une interview au quotidien israélien Ha'aretz, le Premier ministre Mahmoud Abbas a rappelé que les Palestiniens ne pouvaient "accepter de renoncer" au droit au retour. Il a en outre précisé : "Le problème des réfugiés est un sujet de discussion pour les négociations sur le statut permanent et ne devrait pas être posé comme une pré-condition." Afin de dissiper tous les soupçons, la nouvelle équipe dirigeante palestinienne a rappelé qu'elle ne souhaitait pas la destruction d'Israël, mais au contraire reconnaissait l'Etat juif dans ses frontières telles que définies par la résolution 242, c'est à dire avant les conquêtes de la Guerre des six jours en 1967.

Par Léonard VINCENT le 28 mai 2003 à 16:20
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