D'Oslo à Taba, les solutions alternatives

Par Léonard VINCENT, le 28 mai 2003 à 16h43 , mis à jour le 28 mai 2003 à 18h53

Les négociations israélo-palestiniennes ont permis à chaque camp d'avancer l'un vers l'autre, malgré des positions fermes. Le président américain Bill Clinton, notamment, avait formulé un compromis.

israel palestine taba nabil chaath et amnon lipkin shahak © INTERNE

Lors des négociations d'Oslo, le problème des réfugiés palestiniens avait été remis à plus tard, les parties souhaitant avancer à tout prix sur les points d'accord. Or, depuis dix ans, rien n'a été entériné et le dossier n'a pas avancé. Pire : en prévision d'un règlement du conflit, l'agence onusienne d'aide aux réfugiés, l'UNRWA, a vu ses subsides réduits, tout en conservant la même charge de travail.

Aujourd'hui, la "feuille de route" prévoit simplement que l'accord final portant création d'une Palestine souveraine doit comprendre "une solution acceptée, juste, équitable et réaliste de la question des réfugiés". Une vision suffisamment vague pour être acceptée par tous. Par le passé, différentes formules avaient été explorées, notamment par Bill Clinton, après le sommet de Camp David en juillet 2000, ainsi qu'à Taba en janvier 2001 (photo ci-dessus : les négociateurs palestinien et israélien Nabil Chaath et Amnon Lipkin-Shahak - ARCHIVES AFP).

Un compromis dans les "Paramètres Clinton"

Ayant longuement entendu toutes les parties, et fortement engagé dans les pourparlers, dans sa fameuse lettre dite "Paramètres Clinton", le président américain avait en effet formulé sa vision du problème. Bill Clinton était conscient que les Israéliens n'accepteraient pas d'être "punis" aujourd'hui pour les conséquences de la guerre d'indépendance de 1947. Il était également conscient que les Palestiniens ne pourraient en aucun cas renoncer purement et simplement à une formule permettant le retour de nombreux Arabes à Lydda, Haïfa ou Jérusalem. Mais l'axe de réflexion était simple : "L'Etat de Palestine comme patrie pour le peuple palestinien et l'Etat d'Israël comme patrie pour le peuple juif".

Par conséquent, un accord de paix "énumérerait les cinq possibles "points de chute" ["homes"] définitifs des réfugiés", avec un chantier prioritaire pour les Palestiniens du Liban : l'Etat de Palestine ou "les régions d'Israël qui seraient transférées à la Palestine dans un échange de territoires", où toute immigration serait inconditionnelle ; la réhabilitation dans les pays d'accueil ou une réinstallation dans des pays tiers, selon des accords restant à négocier avec le Liban, la Syrie ou la Jordanie ; l'admission en Israël selon une formule restant à définir par l'Etat hébreu et qui pourrait s'apparenter à un "regroupement familial" à plus grande échelle.

Mais entre-temps, l'Intifada al-Aqsa a redoublé et le gouvernement d'Israël est passé entre les mains du Likoud d'Ariel Sharon, qui n'avait pas du tout la même approche du problème que la gauche d'Ehud Barak.

Par Léonard VINCENT le 28 mai 2003 à 16:43
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