Aqaba, capitale de l'espoir

Par L.V. avec AFP, le 03 juin 2003 à 17h14 , mis à jour le 04 juin 2003 à 14h50

Un sommet réunit ce mercredi en Jordanie Israéliens et Palestiniens autour d'un mécanisme de paix. Si des divergences profondes existent encore entre les parties, la rencontre d'Aqaba est tout de même historique.

israel palestine jordanie arrivee de bush a aqaba © INTERNE

Le sommet d'Aqaba est non seulement l'occasion historique de lancer un processus de paix définitif entre Israéliens et Palestiniens. Mais cette rencontre tripartite israélo-palestino-américaine, sous la bienveillance de l'hôte royal de Jordanie, est surtout l'aboutissement d'une stratégie diplomatique lancée il y a un an par le président américain George W. Bush en livrant publiquement sa "vision" du Proche-Orient.

Engagement simultané et réciproque

Israéliens et Palestiniens doivent donc s'engager formellement à appliquer un plan de paix international rédigé avec l'essentiel de ce que la communauté internationale compte de superstructures. Plus précisement, mercredi, l'ancien général Ariel Sharon et le vétéran de l'OLP Mahmoud Abbas doivent annoncer leur engagement à mettre en oeuvre le document du "Quartet" à l'issue d'un sommet sans précédent dans une station balnéaire jordanienne, sur les rives de la mer Rouge, d'où l'on peut voir le port israélien d'Eilat.

Deux communiqués séparés, ainsi que des textes préparés par les équipes de George W. Bush et Abdallah II, doivent appuyer la "vision" américaine pour un règlement d'un conflit dont le dernier cycle de violence, la deuxième Intifada, fait couler le sang et sème la terreur depuis 32 mois.

Côté palestinien, Mahmoud Abbas, décidé depuis longtemps à "démilitariser" l'Intifada, devrait promettre une "trêve" dans les attentats commis par les terroristes intégristes, alors que la feuille de route prévoit un "cessez-le-feu". Quant à Israël, il devrait annoncer un assouplissement des restrictions imposées aux Palestiniens et accepter de transférer le contrôle sécuritaire dans certaines zones occupées à la sécurité palestinienne, en pleine réforme sous l'impulsion du colonel Mohammed Dahlan.

Paix et sécurité

En dépit des difficultés, George W. Bush, qui doit rencontrer MM. Abbas et Sharon séparément avant le sommet à trois, entend lancer formellement le processus d'application du texte international accepté par les deux parties. Israéliens et Palestiniens ont d'ailleurs choisi ces derniers jours de mettre l'emphase sur les progrès, quoique modestes, marquant le début de cette nouvelle phase de négociations et devraient reconnaître dans les communiqués le droit de chaque partie de vivre "en paix et en sécurité".

Les responsables américains sont conscients de l'impossibilité de voir les deux parties publier à ce stade un communiqué commun. Mais pour éviter tout couac, ils suivent de près la rédaction des textes. De plus, George W. Bush arrive à Aqaba fort du soutien des dirigeants de quatre pays arabes, notamment l'Egypte et l'Arabie saoudite, qu'il a rencontré mardi dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh. Le sommet d'Aqaba sera enfin le baptême du feu pour le président américain dans le processus de paix israélo-palestinien, le chef de la Maison Blanche ayant jusqu'à présent rechigné à s'y mêler personnellement après l'échec essuyé par son prédécesseur Bill Clinton qui se croyait pourtant si près du but.

Importantes divergences

Au-delà des déclarations de bonnes intentions et des mesures conciliatoires, d'importantes divergences continuent d'opposer les deux parties, aussi bien sur le fond que sur la forme. Les Israéliens souhaiteraient ainsi, selon les sources, repousser à 2006 la création d'un Etat palestinien alors que les Palestiniens s'en tiennent à la date butoir de 2005 prévue par la "feuille de route". Israël voit aussi d'un mauvais oeil les clauses appelant à la restitution aux Palestiniens des territoires occupés en 1967 et celles liant un accord avec les Palestiniens à des efforts en vue de régler les conflits avec le Liban et la Syrie. Malgré quelques maigres avancées passées et récentes, les deux parties campent en outre sur des positions diamétralement opposées sur des questions aussi épineuses que celle de Jérusalem, le retour des réfugiés palestiniens et le sort des colonies juives.

Photo de une : George W. Bush à sa descente d'avion à Aqaba (DR)

Par L.V. avec AFP le 03 juin 2003 à 17:14
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