© INTERNEEngagé par les Israéliens et les Palestiniens au sommet d'Aqaba, le processus de la "feuille de route" a, aux yeux de Mahmoud Abbas, été trop vite éclaboussé de sang. Le Premier ministre de l'Autorité autonome a téléphoné au président américain George W. Bush jeudi, afin de lui répéter que son gouvernement était résolu à obtenir un cessez-le-feu des groupes terroristes. L'embuscade meurtrière du barrage d'Erez d'un côté, puis la tentative d'assassinat d'Abdelaziz Rantissi de l'autre étaient d'ailleurs intervenues en pleins pourparlers interpalestiniens.
Outre le mécanisme global présenté par le ministre palestinien de la Sécurité intérieure Mohammed Dahlan, encore en cours de finalisation, Mahmoud Abbas a donc exposé une nouvelle initiative. Il a demandé à l'avocat du leader du Fatah emprisonné Marwan Barghouti de rencontrer dans la journée Omar Souleiman, le chef des services de renseignement égyptien. Maître Hader Skirat devrait se faire l'intermédiaire de Barghouti et du directeur du bureau politique du Hamas afin d'obtenir un compromis, alors qu'Israël dit avoir déclenché une "guerre totale" contre le terrorisme.
Tenir ses promesses
Puisque le climat était au pessimisme, la conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche Condoleezza Rice s'est exprimée publiquement, et avec fermeté, sur la crise. Parlant du président Bush, elle a lancé : "Ce président tient ses promesses. Il attend de toutes les parties qu'elles tiennent les leurs." De son côté, le secrétaire d'Etat Colin Powell a téléphoné à son homologue Silvan Shalom pour l'exhorter à "ne pas rater cette opportunité" pour la paix.
Une délégation de diplomates, menée par l'envoyé spécial John Wolf, doit en outre s'envoler pour Jérusalem samedi, afin de venir surveiller l'application de la "feuille de route", comme convenu à Aqaba. Entre-temps, le "Quartette" diplomatique à l'origine du plan de paix a convenu de se réunir d'urgence en Jordanie, sans doute dès la semaine prochaine, afin de redonner de l'air à la seule initiative d'envergure de ces trois dernières années.
Une force d'interposition
Pour autant, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a indiqué au quotidien Ha'aretz que l'intervention d'observateurs américains peut être "un début", mais ne sera sans doute pas suffisante pour arrêter l'effusion de sang. Cela "pourrait suffire, a-t-il poursuivi, si les parties sont capables de briser le cycle de violence". Allant plus loin, il a suggéré l'envoi d'une force armée, peut-être sous l'égide de l'OTAN. "Durant la période intérimaire, a-t-il expliqué au correspondant du journal à New York, je voudrais voir une force armée de maintien de la paix agir comme force d'interposition entre les Israéliens et les Palestiniens."
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