Berlusconi invité par Bush dans son ranch texan

Par Afp, le 20 juillet 2003 à 08h42 , mis à jour le 20 juillet 2003 à 21h32

Le chef du gouvernement italien arrivera dimanche soir aux Etats-Unis, dans la tourmente des accusations de manipulations sur la guerre contre l'Irak.

Berlusconi Union européenne dérapage juillet 03 © INTERNE

Silvio Berlusconi, qui a soutenu l'intervention américaine et repris à son compte les accusations portées par le président Bush, est lui aussi aujourd'hui sur la sellette. Trois mois après la prise de Bagdad, aucune preuve significative de l'existence d'armes de destruction massive, motif de l'intervention militaire américaine, n'a été apportée. Pire, le président Bush a utilisé de fausses informations faisant état de l'achat par l'Irak d'uranium au Niger pour justifier la menace représentée par le régime de Saddam Hussein. L'affaire touche l'Italie, car le faux dossier a été réalisé à Rome, passé aux services de renseignements militaires italiens fin 2001, et est ensuite parvenu aux Américains.

Le gouvernement italiens est en effet soupçonné d'avoir transmis ces fausses informations par excès de zèle. Et son opposition remet en question l'envoi de  troupes italiennes en Irak pour des opérations de maintien de la paix. Un argument de poids est utilisé par les opposants de M. Berlusconi: le  risque de pertes au sein d'un contingent italien est élevé en raison de l'hostilité manifestée en Irak contre les troupes étrangères, cibles d'opérations de guérilla.

L'Europe au second plan

Le séjour américain dimanche et lundi de Silvio Berlusconi aurait pourtant  dû être une belle opération et il en attendait beaucoup. Etre invité dans le ranch texan du président Bush est une marque de confiance qui aurait pu lui permettre de lancer l'opération annoncée comme "une priorité" de sa présidence européenne : réparer les relations entre l'Amérique et certains membres de la "Vieille Europe". Mais Silvio Berlusconi a dû corriger le tir et faire préciser par ses services qu'il se rendait aux Etats-Unis "comme chef du gouvernement italien et non en sa qualité de président en exercice de l'Union européenne".

La désinvolture avec laquelle il avait annoncé qu'il n'entendait pas sacrifier à la rituelle tournée des capitales pour présenter les priorités de sa présidence européenne, puis l'annonce que son premier déplacement serait pour les Etats-Unis ont irrité ses partenaires. Or M. Berlusconi a beaucoup à se faire pardonner après ses début complètement ratés sur la scène européenne à cause d'un dérapage verbal au Parlement européen à Strasbourg. Irrité par les critiques d'un député allemand du parti social-démocrate du  chancelier Gerhard Schroeder, il l'avait comparé à un "Kapo", les gardiens des  camps de concentration nazis, provoquant un double incident diplomatique avec l'Allemagne et avec l'Assemblée européenne. Silvio Berlusconi a assuré qu'il rendrait compte de "manière informelle" à  ses partenaires européens de ses entretiens avec le président Bush.

Par Afp le 20 juillet 2003 à 08:42
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience