© INTERNE"L'Amérique prend soin de l'avenir de l'Afrique", affirmait samedi George W. Bush à quelques jours de son départ pour le Sénégal, première étape d'une tournée africaine qui, comme le faisait remarquer le New York Times dimanche, se focalisera sur les "success stories". Outre la démocratie sénégalaise, le président américain pourra saluer successivement la réussite économique du Botswana, la fidélité commerciale sud-africaine, la détermination ougandaise dans la lutte contre le sida et... la bonne volonté du Nigeria à remplacer les coups d'Etat militaires par des élections.
Les Etats-Unis sont "engagés dans un effort large et concerté pour aider les Africains à trouver la paix, à combattre les maladies, à construire la prospérité et améliorer leur existence", a assuré le président des Etats-Unis qui, après avoir exclu l'Afrique des "zones d'importance stratégique" pendant sa campagne de 2000, semble avoir changé d'opinion.
"Là où sont les terroristes"
En mai, la Maison Blanche a demandé au Congrès de débloquer 15 milliards de dollars pour contribuer à combattre le sida dans douze pays africains et deux des Caraïbes, triplant ainsi l'aide sur cinq ans. Parallèlement, les Etats-Unis affirment vouloir s'impliquer dans le développement et les interventions humanitaires. Prêts à aider financièrement les Etats respectant le principe de "bonne gouvernance" et partageant leur vision du monde
(1), les Américains paraissent plus réticents à intervenir directement, et par exemple, à prendre la tête d'une force d'interposition au Liberia où sévit la guerre civile.Cette timidité n'est pas la seule critique à laquelle Bush devra répondre. Les Etats-Unis sont soupçonnés de vouloir mettre à profit ce voyage sur le continent africain pour y trouver de nouvelles sources d'énergie et des bases pour leurs troupes. Sur ce dernier point, le Pentagone ne s'en cache pas : "nous devons aller là où sont les terroristes", affirme un des ses responsables, qui estime que les "zones [africaines] non contrôlées et non gouvernées vont être des refuges potentiels pour [les activités terroristes]".
"Safari pour le pétrole"
Le Times a révélé ce week-end que le Pentagone cherchait à renforcer ses liens avec ses alliés marocains ou tunisiens, à obtenir l'accès aux bases maliennes et algériennes et, au moins partiellement, sénégalaises et ougandaises. George Bush a promis la semaine dernière le déblocage d'un plan antiterroriste de 100 millions de dollars pour le Kenya, Djibouti, l'Ethiopie, l'Ouganda et la Tanzanie.
Quant à ce "safari pour le pétrole" (du Nigeria, principalement) que serait la tournée africaine, George Bush n'y voit qu' "une des théories de conspiration les plus saugrenues jamais entendues" et rappelle les bienfaits de son African Growth and Opportunity Act. Cette loi a permis à 38 pays d'Afrique sub-saharienne d'exporter pour 9 milliards de dollars vers les Etats-Unis en 2002. Elle doit être renégociée avant 2004.
(1) Le MCA, plan d'aide pour le millénaire, poursuivant le programme d'aides conditionnelles lancé par Bill Clinton, devrait permettre d'augmenter l'aide américaine de 50% en trois ans, soit 5 milliards de dollars annuels supplémentaires d'ici 2006.
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