© INTERNEL'histoire de la libération manquée d'Ingrid Betancourt commence dans les premières jours de juillet, à Bogota. Un paysan mandaté par les FARC téléphone à la sœur de l'ancienne candidate écologiste à la présidence de la Colombie, otage franco-colombienne de la guérilla marxiste depuis février 2002. Rendez-vous est pris le 5 juillet à Leticia, sur l'Amazone, à mille kilomètres de Bogota. Conformément aux demandes des rebelles, Astrid est accompagnée par le prêtre de la ville, le père Gonzalo. Sur place, deux représentants des FARC les envoient le 9 juillet en aval du fleuve, à sept heures de bateau.
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Assistance médicale et trafic d'armes
Quelque chose a fait échouer la libération. Un hebdomadaire brésilien a affirmé que c'était une opération secrète des autorités françaises. Menée à l'insu des autorités brésiliennes, celle-ci aurait impliqué onze Français, tous munis de passeports diplomatiques, débarqués le 9 juillet sur un aéroport civil de Manaus, la grande ville brésilienne de l'Amazonie, dans un Hercules-130. Parmi eux aurait figuré Pierre-Henri Guignard, chef adjoint du cabinet de Dominique de Villepin. Les membres du commando, invoquant l'immunité diplomatique, auraient refusé l'accès de l'avion à la police fédérale brésilienne qui souhaitait vérifier le contenu des soutes.
Selon Carta Capital, des "sources haut placées" mais non précisées sont convaincues que l'avion transportait des armes. Quoi qu'il en soit, l'opération ne s'est finalement pas faite. L'avion a quitté le Brésil le 13 juillet à "'l'invitation" de Brasilia.
Mais ce n'est pas l'avis de Paris et encore moins celui d'Astrid Betancourt. Alors que la rumeur dit qu'Ingrid est malade, sa sœur a expliqué qu'elle avait appelé l'ambassade de France en Colombie avant de quitter Leticia, pour que Paris fournisse, le cas échéant, une assistance médicale. Ayant eu personnellement en ligne Dominique de Villepin, Astrid a appris que la France dépêchait à Manaus un avion médicalisé, transportant des médecins et leur équipe. Si Ingrid était libérée, Astrid et elle devaient rejoindre un village de la jungle amazonienne, être prise en charge par un petit avion et ramenées, dans l'Hercules C-130, à Bogota.
Ni négociations secrètes, ni trafic d'armes, ni GIGN donc, selon cette version. "Je ne sais pas qui a eu intérêt à nourrir une telle rumeur, s'irritait Astrid dans Le Parisien de jeudi, mais ce n'est pas un ami de la France."
Pataquès à Paris
Or, vendredi, Le Monde révélait qu'outre une équipe médicale de l'armée française, l'équipage de l'Hercules C-130 comportait "plusieurs agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE)", non-armés. Selon le quotidien citant des responsables du ministère de la Défense, il s'agissait d'une "équipe de protection" disposant "d'équipements de communication ultrasophistiqués pour leur permettre d'évoluer dans la jungle". L'opération aurait été commanditée "dans l'urgence" par Dominique de Villepin en personne, qui n'aurait informé ni le ministre de l'Intérieur qui s'apprêtait à s'envoler pour la Colombie, ni l'Elysée.
Toutefois, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin affirmait dans la foulée de la publication de l'enquête, depuis le Maroc, que la décision d'envoyer un "avion militaire médicalisé" à Manaus "a été prise en toute transparence entre les différentes autorités de l'Etat au plus haut niveau". Selon la porte-parole de l'Elysée, le président Jacques Chirac, lui, avait donné son "accord de principe à l'envoi d'un avion médicaliséà la demande de la famille d'Ingrid Betancourt".
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