Proche-Orient : le dialogue trébuche sur Ramallah

Par Léonard VINCENT, le 31 juillet 2003 à 15h39 , mis à jour le 31 juillet 2003 à 16h47

Aucun accord n'a été trouvé mercredi soir lors d'une rencontre sécuritaire israélo-palestinienne. Les Israéliens proposent un rapide transfert de souveraineté sur Jéricho et Qalqiliyah, mais les Palestiniens demandent Ramallah.

vignette proche orient © INTERNE

Israéliens et Palestiniens n'ont pu se mettre d'accord mercredi soir sur le transfert de souveraineté sur deux villes de Cisjordanie. Le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz et le ministre palestinien de la Sécurité Mohammed Dahlan se sont toutefois quittés après quatre heures de réunion à Neve Ilan, non loin de Jérusalem, en convenant de se revoir bientôt.

Le dilemme de Ramallah

Début juillet, Israël avait transféré aux Palestiniens le contrôle de Bethléem et de secteurs de la bande de Gaza, à charge pour eux d'empêcher les attaques à partir de ces zones. Désormais, la partie israélienne propose un rapide transfert de souveraineté sur Jéricho, à l'est, ainsi que sur Qalqiliyah, une ville du nord-ouest, en bordure de la Ligne verte. Mais la partie palestinienne exigea que l'une des deux villes cédées soit Ramallah, où siège la présidence de l'Autorité autonome en Cisjordanie et où Yasser Arafat est confiné depuis de nombreux mois.

Or, c'est précisement cela que les Israéliens veulent repousser : au moment où son armée lèguera aux Palestiniens le contrôle de la grande cité du nord de Jérusalem, le président Arafat recouvrira sa liberté de mouvement et, selon eux, son pouvoir de nuisance. Jeudi, la presse israélienne évoquait toutefois un déblocage possible de la situation, Israël étant disposé à se retirer d'une troisième ville de Cisjordanie si les Palestiniens renonçaient pour l'instant à Ramallah.

Mise en garde

L'autre point d'achoppement semble en revanche plus complexe. Mohammed Dahlan a une fois de plus catégoriquement rejeté la demande israélienne de démanteler les groupes terroristes palestiniens, estimant qu'une telle demande était absurde et irréaliste. "Nous n'arrêterons pas d'activistes et nous n'allons pas les affronter tant qu'un cessez-le-feu est en vigueur", avait-il déclaré avant la réunion. Jeudi, l'un de ses conseillers expliquait sur les ondes de la radio militaire qu'Israël devait comprendre les limites de la puissance de l'Autorité palestinienne. Laquelle, selon lui, n'a pas les moyens de s'attaquer à des groupes aussi puissants que le Hamas et le Jihad islamique.

Jeudi matin, Shaoul Mofaz a indiqué avoir ordonné à l'armée de se préparer à une reprise du terrorisme en cas de rupture de la trêve par les groupes armés palestiniens. Il a exprimé la "crainte que la situation sécuritaire ne devienne pire que celle prévalant avant le sommet d'Aqaba".

Par Léonard VINCENT le 31 juillet 2003 à 15:39
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