© INTERNELes attaques ont commencé en avril 2001. Deux Palestiniens circulant dans une voiture dans la région de Hébron avaient été blessés par un sniper. Au début, la police pensait que cette double tentative de meurtre était le fait d'un groupe palestinien ayant cru s'attaquer à des Israéliens, même si un mystérieux "Comité de protection des routes" l'avait revendiquée.
Mais très vite, après de nouvelles attaques, les enquêteurs ont compris qu'ils avaient affaire aux activités d'un ou plusieurs groupes juifs. Depuis cette date, au moins sept Palestiniens sont morts et dix-neuf ont été blessés dans des attaques revendiquées par des groupes juifs disparates aux noms inconnus des services de police, comme les "Vengeurs d'enfants" ou "Elazar".
Le père d'une victime
L'enquête a connu un nouveau tour la semaine dernière, avec l'arrestation du père et de l'oncle d'un bébé de 10 mois tué lors d'un attentat palestinien en mars 2001. Yitzhak Pass, le père de la petite Shalhevet, abattue par un sniper, est soupçonné d'appartenir à une cellule terroriste juive de Hébron, responsable d'un attentat à la bombe perpétré dans un quartier arabe de Jérusalem le 29 avril au nom d'un obscur "Groupe Bat Ayin". Deux bonbonnes de gaz, apparemment achetées par Yitzhak Pass, avaient explosé à l'heure de l'appel devant une école de filles, blessant 11 personnes, dont le directeur de l'école, grièvement atteint.
Le Shin Beth a donc compris qu'il se trouvait face à la renaissance d'une clandestinité juive, ressemblant fortement à celle d'où l'assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin avait surgi. Il s'agissait donc d'en dresser le profil au plus vite. Mais recruter des agents ou des "indics" au sein de ces confréries fermées et soupçonneuses est plus que difficile. Leurs attentats sont extrêmement bien préparés, de manière à pouvoir fuir la police et brouiller les pistes. Une fois entre les mains de la police, les membres de ces groupes sont capables de garder un impénétrable silence, acculant parfois les enquêteurs à les relâcher, faute de preuves.
Pas de paix
Dans ces conditions, depuis deux ans, les services de sécurité israéliens peinent à démanteler cet écheveau de groupuscules issu des colonies les plus ultras de Cisjordanie. Pourtant, pour le gouvernement israélien, le danger est certain. Ces hommes veulent certes venger les victimes du terrorisme palestinien, mais aussi empêcher toute réconciliation entre Israël et l'Autorité autonome.
Photo : Yitzhak Pass, lors de sa comparution devant un tribunal
de Jérusalem, vendredi dernier (Gali Tibbon - AFP).
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