© INTERNEPeu après 9 heures du matin, une explosion meurtrière a eu lieu dans le centre commercial "Neve Afek" de Rosh Ha'ayin, entre Tel-Aviv et la Ligne verte, une localité jusque-là épargnée par le terrorisme. La police a retrouvé dans les débris de l'explosion le corps d'un kamikaze, indiquant qu'une branche locale des "Brigades des martyrs d'al-Aqsa" avait décidé de briser la trêve décrétée le 29 juin dernier.
Quarante minutes plus tard, un terroriste du Hamas se faisait exploser à l'entrée de la colonie d'Ariel, en Cisjordanie, à l'est de la ville arabe de Qalqilya. Un Palestinien a actionné sa ceinture explosive en se précipitant vers un arrêt d'autobus, où il avait repéré trois jeunes auto-stoppeurs israéliens. L'un d'eux, âgé de 18 ans, a trouvé la mort, tandis que ses deux compagnons ont été blessés dans l'explosion.
A la recherche d'un complice
A Rosh Ha'ayin, le terroriste a activé une bombe cachée dans un sac à dos aux caisses du supermaché, provoquant l'incendie de plusieurs magasins alentours. Outre le kamikaze, un Israélien de 45 ans a été tué dans l'attentat et dix autres ont été blessés, dont deux sont dans un état "sérieux". La police israélienne a dressé des barrages dans la région et contrôle les véhicules. Le conducteur palestinien d'une Skoda blanche a été arrêté, soupçonné d'avoir conduit le terroriste jusqu'au centre commercial. Le niveau d'alerte a été augmenté dans tout le pays.
Les services de sécurité israéliens avaient reçu dans la matinée 21 alertes terroristes pour la région Sharon où se trouve Rosh Ha'ayin, à quelques kilomètres à l'ouest de la Cisjordanie et au sud de Qalqilya, craignant des infiltrations. Ces derniers jours, plusieurs groupes armés palestiniens avaient menacé de rompre la trêve.
Le Hamas derrière Ariel
Le Hamas avait ainsi menacé de venger la mort de deux de ses membres vendredi dans un raid à Naplouse. C'est du reste une cellule du Hamas à Naplouse qui a revendiqué l'attentat d'Ariel, en début d'après-midi sur son site Internet. Cependant, un porte-parole du Hamas avait au préalable indiqué que son mouvement était toujours engagé par la trêve, ajoutant toutefois que "l'ennemi israélien est responsable de la situation parce qu'il a rejeté le cessez-le-feu et adopté une position dure".
Le porte-parole du Jihad islamique avait de même déclaré dans la matinée qu'"Israël est responsable de la violence", tandis que les "Brigades des martyrs d'Al-Aqsa", groupe armé lié au Fatah, n'avaient fait aucun commentaire dans l'immédiat. Certaines de leurs branches locales avaient cependant rejeté la trêve et ont revendiqué plusieurs attaques depuis le 29 juin. En fin d'après-midi, c'est l'une d'entre elles qui a revendiqué l'attentat de Rosh Ha'ayin.
Des libérations reportées
Selon la chaîne de télévision israélienne Channel 10 citant des sources sécuritaires palestiniennes, l'Autorité autonome, qui a condamné les attaques, aurait prévenu le gouvernement d'Israël que des attentats étaient possibles à Rosh Ha'ayin et Ariel. Mais le porte-parole d'Ariel Sharon accuse le gouverrnement palestinien de n'avoir "rien fait pour empêcher cela". Shaoul Mofaz, ministre israélien de la Défense, a quitté son lieu de vacances en Europe pour retourner en Israël. Dans un premier temps, en guise de représailles, le gouvernement Sharon a décidé de reporter sine die la libération de 76 prisonniers palestiniens prévue ce mardi. Le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas a quant à lui écourté sa visite dans le Golfe persique pour gérer la situation.Photo : Erez Hershkovitz, 18 ans, victime de l'attentat d'Ariel couverte par une bâche de la police (DR)
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