Mort en exil du despote Amin Dada

Par M. D. avec AFP, le 16 août 2003 à 08h59 , mis à jour le 16 août 2003 à 17h44

L'ancien dictateur ougandais, Idi Amin Dada, est mort samedi matin dans un hôpital en Arabie saoudite, où il vivait en exil. Un homme violent et mégalomane, responsable de centaines de milliers de morts.

Idi Amin dada (LCI) © LCI

Idi Amin Dada aura donc échappé jusqu’à son dernier souffle à la justice internationale. Le dictateur sanguinaire s’est éteint samedi matin à 78 ans dans son lit d’hôpital, à Djeddah en Arabie saoudite, où il était en exil depuis plus de 20 ans. La nature de sa maladie demeurait secrète, tout juste savait-on que le tyran souffrait d'hypertension depuis quelque temps. "Amin a payé pour ses péchés", a commenté John Nagenda, conseiller aux médias du président ougandais Yoweri Museveni, à Kampala.


Des milliers d'exécutions -LCI
Le règne de terreur d'Idi Amin Dada en Ouganda commence en 1971, après qu'il a chassé du pouvoir le président Milton Obote. Assassinats en masse, tribus hostiles décimées, création de groupes d'exécution : le régime qu'il met en place est l'un des plus violents de l'histoire du continent africain. On évoque de 100.000 à 300.000 morts.

Fasciné par Hitler

Le maréchal n'hésite pas à rompre les relations diplomatiques avec Israël (1972) puis la Grande-Bretagne (1976) avant d'envahir la Tanzanie en 1978. Fasciné par Hitler, il fait expulser en 1972 les Indo-Pakistanais ainsi que de nombreux Juifs, deux communautés très actives dans la vie économique ougandaise, laquelle ne s'en relèvera pas.


 Un règne de huit années - LCI

C'est un homme imprévisible et certaines de ses frasques prêteraient à sourire si elles n'étaient l'oeuvre d'un cerveau dérangé. Celui qui se proclame "le plus grand chef d'Etat du monde" et l'"homme au plus beau visage du monde" se fait porter sur un palanquin par quatre Britanniques blancs. 

Un jour, il limoge sa ministre des Affaires étrangères, qu'il accuse d'avoir eu des relations sexuelles avec un Européen dans les toilettes de l'aéroport d'Orly. Témoignages et rumeurs rapportent qu'une de ses épouses a été découverte découpée en morceaux dans une voiture et des têtes humaines dans les frigos. Accusé à maintes reprises d'anthropophagie, il reconnaît avoir consommé de la chair humaine.

Converti à l'islam

En 1976, le dictateur subit un première humiliation quand un raid israélien sur l'aéroport d'Entebbe, à 37 km de Kampala, permet de libérer tous les passagers d'un avion d'Air France détourné par un commando palestinien. Echappant à un attentat en 1978, il est destitué un an plus tard par le Front national de libération de l'Ouganda (FNLO) et l'armée tanzanienne. Après un passage par la Libye, Amin Dada, converti à l'islam, s'exile alors en Arabie saoudite avec plusieurs membres de sa famille et la moitié de ses cinquante enfants.

A une des épouses du dictateur qui souhaitait rapatrier son époux mourant, le président ougandais, Yoweri Museveni, avait rétorqué en juillet que si Amin Dada rentrait vivant au pays, il serait poursuivi pour ses "atrocités". C'est d'ailleurs le regret qu'exprimait récemment l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch : "il est de plus en plus possible de poursuivre des dictateurs hors de leur pays : malheureusement, cela n'a pu se faire à temps pour M. Amin", avait déploré un responsable.

Par M. D. avec AFP le 16 août 2003 à 08:59
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