© INTERNELorsque l'employé de la voirie de Séoul est venu vider les poubelles, il a d'abord cru qu'un ivrogne avait trouvé refuge dans les bosquets pour la nuit. Mais le corps qu'il venait de découvrir, lundi à l'aube, était celui de Chung Mong-hun, héritier et haut dirigeant de Hyundai Asan Corp., une branche du conglomérat emblématique de Corée du Sud, Hyundai. Cet homme d'affaires de 55 ans s'était jeté quelques heures plus tôt de la fenêtre de son bureau, au 12ème étage du siège de son entreprise.
500 millions pour Kim Jong-Il
Chung Mong-hun venait d'être entendu par la justice. Cinquième fils du fondateur du groupe, il était au centre d'une affaire judiciaire touchant le gouvernement de l'ancien président sud-coréen Kim Dae-Jung. Il était accusé d'avoir fait virer 500 millions de dollars au profit de la Corée du Nord afin de garantir la tenue du sommet historique entre les deux Corées en 2000. Un geste diplomatique qui avait valu à Kim Dae-Jung le Prix Nobel de la Paix.
La justice soupçonnait Chung d'avoir maquillé les comptes de sa compagnie. La direction de Hyundai affirme que cette somme virée dans le nord était destinée à assurer le monopole du tourisme et d'autres projets agréés par le régime stalinien de Pyongyang. Mais une commission d'enquête indépendante a relevé que dans ce virement était incluse une somme de 100 millions de dollars versée par le gouvernement et "reliée" au sommet, bien que l'expression de pot-de-vin n'avait pas été utilisée.
Trois lettres
Dans son bureau, Chung a laissé trois lettres. L'une était adressée à son président Kim Yoon-kyu, lui demandant de continuer à développer des projets intercoréens. L'autre aux employés de la société. La dernière à sa femme et ses enfants, leur demandant de pardonner son "acte idiot".
Photo : Chung Mong-hun (à dr.) en février 2003, lors de son départ pour une visite de travail
en Corée du Nord (Lee Jae-Won - AFP)
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