© AFPLes Rwandais ont voté en masse pour leur première élection présidentielle pluraliste depuis l'indépendance en 1962, près de 10 ans après le génocide de 1994. Le camp du président sortant, Paul Kagame, semblait s'apprêter à crier victoire en fin d'après-midi, avant même le moindre résultat partiel.
80% de participation ?
Un conseiller du gouvernement a annoncé l'organisation d'une "soirée électorale" dans le plus grand stade de Kigali, avec la participation annoncée du président sortant Paul Kagame. Quelques minutes plus tard, le président de la Commission électorale nationale annonçait que le taux de participation à la présidentielle s'élevait à "près de 80% à midi".
Un taux de participation aussi important est plutôt bon signe pour un président sortant, et l'annonce de la fête au stade pourrait laisser augurer d'une annonce de victoire, selon des observateurs étrangers sur place. "Tout va aller très vite maintenant vu les nouvelles données, et il ne serait pas étonnant qu'on nous annonce la victoire de Kagame dans la soirée", a même avancé un militant local des droits de l'Homme.
Peu de troubles
Le scrutin s'est déroulé dans le calme, selon le président Kagame lui-même et les observateurs internationaux. "Je n'ai pas de rapport d'incident ni d'intimidation", a déclaré en fin d'après-midi le député européen Colette Flesch, ancienne ministre des Affaires étrangères du Luxembourg et chef de la mission d'observation de l'Union européenne pour cette présidentielle rwandaise. L'élection s'est déroulée "dans un climat serein" à travers le pays et le scrutin est "un succès" en termes d'organisation, a déclaré le président de la Commission électorale nationale, précisant qu'on ne déplorait que "deux ou trois" incidents, isolés et sans gravité selon lui.
Ce bon déroulement du scrutin présidentiel laisse espérer que la réconciliation nationale soit au bout de cette élection. "L'ethnicité est en train de devenir une notion du passé", avait déclaré M. Kagame en votant, lundi matin.
"S'ils choisissent quelqu'un d'autre, j'applaudirai, si tout s'est passé dans la transparence. Il faut respecter le verdict, l'objectif est de renforcer la démocratie", avait déclaré comme en écho son principal rival dans l'élection, l'ancien Premier ministre Faustin Twagiramungu.
Douloureux souvenirs
La présidentielle rwandaise fait figure de test dans la région très troublée des Grands lacs, où les réflexes ethniques ont souvent dégénéré en massacres. Dans plusieurs pays voisins, le Burundi, l'Ouganda, la République démocratique du Congo, des élections pluralistes n'ont soit pas pu se tenir, soit ont laissé de douloureux souvenirs.
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