© INTERNEAvant de prendre la charge de Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Ahmed Qoreï a fait savoir qu'il entendait obtenir les garanties que sa mission ne serait sabotée ni par les intentions contradictoires d'Israël, ni par l'obstruction de la communauté internationale. "Je ne suis pas prêt à l'échec", a-t-il expliqué à l'agence Reuters lundi. Le parlement qu'il préside encore doit encore entériner définitivement sa nomination en remplacement de Mahmoud Abbas dans les jours qui viennent.
Un appel ferme à Washington
Après avoir reçu le soutien formel de l'Union européenne lundi, "Abou Ala" attend désormais une communication officielle des Etats-Unis. Mardi matin, il a encore dit attendre "un soutien américain réel pour l'application de la feuille de route". Parmi les diplomates à lui avoir rendu visite lundi dans son bureau d'Abou Dis figuraient Jeffrey Feltman, le consul général américain à Jérusalem et Andrei Vdovine, l'émissaire de Vladimir Poutine pour le Proche-Orient.
Dans la presse israélienne, des rumeurs font déjà état d'un premier contact avec le cabinet d'Ariel Sharon. Ahmed Qoreï sait en tous cas ce qu'il veut négocier avant tout : un cessez-le-feu avec Israël, impliquant la fin de la campagne d'assassinats ciblés et une amélioration des conditions de vie des Palestiniens, avec notamment l'arrêt de l'installation de barrages militaires sur les routes.
Le problème Arafat
L'autre geste politique sans lequel Ahmed Qoreï estime qu'il ne pourrait pas gouverner est qu'Israël change son attitude envers Yasser Arafat. "Le gouvernement israélien élu doit changer la façon dont il traite le président palestinien élu", a-t-il martelé, expliquant qu'il ne pourrait rien faire sans le raïs, qui dispose à la fois de la mainmise sur l'essentiel de l'appareil sécuritaire palestinien et d'une popularité sans faille dans la rue comme dans les groupes armés. Mais, interrogé pour savoir si Washington envisageait d'assouplir sa position pour tenir compte de son rôle incontournable dans le choix du Premier ministre palestinien, le porte-parole du département d'Etat a répondu : "Non".
De son côté, Israël a tempéré son premier mouvement, qui était de refuser en bloc tout nouveau responsable qui serait trop clairement téléguidé par Arafat. Le ministre des Affaires étrangères Silvan Shalom a ainsi expliqué qu'Ahmed Qoreï serait "jugé sur ses actes", notamment en matière de lutte contre le terrorisme.
Un gouvernement, rapidement
Même s'il dispose de cinq semaines pour former un gouvernement, Ahmed Qoreï pourrait être plus rapide. Parmi les ministres préssentis, le quotidien israélien Ha'aretz cite le général Nasser Youssouf, qui dirigea l'offensive contre le Hamas de 1996 et l'alter ego de Mohammed Dahlan, le colonel Jibril Rajoub, ancien chef de la sécurité préventive pour la Cisjordanie et actuel conseiller de Yasser Arafat pour les questions de sécurité.
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