© INTERNEAu cours des sept derniers mois de présence américaine en Irak, au moins onze soldats et trois Marines se sont suicidés. L'US Navy, qui reconnaît ces chiffres, enquête actuellement sur un autre cas de suicide possible. Au sein des différents corps d’armée, une douzaine de morts suspectes feraient également l’objet d’investigations complémentaires. La plupart des suicides déjà reconnus sont intervenus depuis le 1er mai, c’est-à-dire après l’annonce officielle de la fin des "opérations de combat principales". Ce qui correspond à un taux annuel de 17 pour 100.000, nettement plus que la moyenne observée habituellement au sein de la population des soldats américains. L'année dernière, les autorités militaires avaient fait état d’une moyenne de 8 à 9 suicides pour 100.000 personnes.
L’armée américaine, peu avare d’informations sur les victimes d’attentats en Irak, ne communique guère sur ces cas de suicides au sein de ses troupes. Les porte-parole militaires demandent aux journalistes de ne pas tirer de conclusions hâtives à partir de ces quelques cas. Ce qui n’empêche pas l’armée de s’en inquiéter. Comme le révèle le quotidien USA Today, elle a envoyé le mois dernier un comité d’experts médicaux en Irak. Cette équipe, composée de psychologues, de psychiatres, d’assistants sociaux accompagnés du responsable du programme de prévention du suicide de l'armée, a déjà examiné 700 soldats. Elle est chargée de tracer un tableau général de l’état de santé mentale des troupes stationnées en Irak, d’évaluer l’impact réel de la pression subie par les soldats, d’étudier les cas de suicide et la façon dont les cas de dépression sont traités par les services médicaux des armées en Irak.
478 rapatriements
Les premières conclusions de ces experts sont plutôt nuancées : elles indiquent que les conditions de vie difficiles et dangereuses que connaissent les troupes présentes en Irak, combinées avec un déploiement de longue durée, peuvent empirer une dépression préexistante chez certains soldats. Les experts soulignent aussi le risque accru de "passage à l’acte" dans une zone de conflit, où les militaires ayant des idées suicidaires ont très facilement accès à des armes à feu.
Depuis le début du déploiement en Irak, l’armée américaine a rapatrié 478 soldats pour des questions de santé mentale.
Photo d’ouverture : soldats américains patrouillant sur le Tigre - afp
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